Le sable est venu du Sahara pour souiller les carrosseries de Suisse romande

Le prévisionniste Frédéric Glassey, de Meteonews, explique que les poussières du désert ont pu rejoindre notre pays encapsulées dans des gouttes d'eau.
19 févr. 2014, 17:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les carrosseries sombres conservaient des stigmates de la petite pluie de ce matin, riche en poussières de sable du Sahara.

Ce matin, la Suisse a été arrosée par des poussières de sable du Sahara. Les automobilistes s’en sont rendu compte en constatant la couleur brunâtre de l’eau évacuée des pare-brise, ainsi que par les traces brunes laissées sur les carrosseries, une fois la gouttelette d’eau évaporée. «C’est ce que l’on appelle une bonne journée pour les exploitants d’Hypromat (ndlr: du nom de ces installations de lavage des voitures)», relève le météorologue Frédéric Glassey, chez Meteonews, à Tolochenaz.

Phénomène prévisible

Hier déjà, ce bureau avait averti de l’arrivée probable de ces sables dans nos contrées: «A défaut du froid polaire, ce sont les sables du Sahara qui viendront se déposer sur nos pare-brise demain, notamment de la Côte d’Azur aux Alpes suisses», pouvait-on lire sur le profil Facebook de Meteonews.

«Nous l’avons fait à bien plaire, car ces événements ne rentrent pas forcément dans le cadre des phénomènes de météo au quotidien que nous analysons d’habitude», précise notre interlocuteur qui profite en la matière de l’expérience et du suivi de ces déplacements de poussières conduit depuis plusieurs années par l’Université d’Athènes.

Un voyage de près de 3000 kilomètres

Mais comment ces particules ont-elles ainsi pu parcourir près de 3000 kilomètres pour s’écraser sur nos contrées? «Ce phénomène survient plusieurs fois par an quand on reçoit de forts courants d’altitude venus du sud», relativise Frédéric Glassey.

Le météorologue explique que ces poussières sont emportées vers des hauteurs où l’humidité s’agglomère autour de cette particule pour devenir une goutte d’eau ou un cristal de glace, transporté sous forme de nuage. Après, il faut des précipitations pour que cette poussière soit libérée et retourne sur terre.

La poussière, ce noyau indispensable à la goutte

Hier, même la neige des pistes de ski gardait des traces du passage de ces nuages. Selon Frédéric Glassey, Italie du Nord et Alpes du Sud, en France, ont essuyé des précipitations encore plus colorées.

De quoi dissuader de porter cette neige maculée à la bouche, comme aiment pourtant le faire les enfants. «Il faut savoir que l’eau qui tombe du ciel n’est jamais parfaitement pure puisqu’il faut toujours une petite particule en guise de noyau pour que se forme une goutte.»