L’armée dépasse son budget informatique de 100 millions de francs

L’armée suisse doit s’occuper simultanément d’un grand nombre de projets informatiques. Pour ce faire, il faudrait notamment près de 300 postes supplémentaires de spécialistes informatiques à plein temps.
18 oct. 2021, 09:46
/ Màj. le 18 oct. 2021 à 10:24
Le chef des forces armées Thomas Süssli compte absorber les coûts supplémentaires en réaffectant le budget.

L’armée suisse fait face à de gros problèmes structurels dans le domaine informatique. Le budget pour 2021 sera dépassé d’environ 100 millions, et le chef de l’armée aurait en fait besoin de quatre fois plus de personnel informatique.

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La raison principale de ces problèmes est le grand nombre de projets informatiques que l’armée doit actuellement maîtriser en même temps, a indiqué Stefan Hofer, porte-parole de l’armée, dans un article paru lundi dans les journaux de Tamedia.

400 postes à plein temps nécessaires

Si des goulets d’étranglement dans les coûts informatiques avaient déjà été constatés à l’automne 2020, l’ampleur du problème n’est apparue que courant 2021, dit-il. Le budget informatique de l’année en cours sera dépassé d’environ 100 millions de francs, précise M. Hofer. Au total 460 millions avaient été budgétés.

Environ 400 postes à plein temps seraient en outre nécessaires pour mettre en œuvre tous les projets informatiques prévus. Or le chef des forces armées Thomas Süssli ne dispose pour l’heure que d’une centaine de postes à plein temps. Les spécialistes informatiques manquants devraient donc être engagés à l’extérieur, avec les conséquences financières que cela implique.

Réaffecter le budget

M. Hofer a également confirmé que le chef de l’armée souhaite absorber les coûts supplémentaires en réaffectant le budget. Il économiserait ainsi environ 60 millions de francs sur les achats prévus de munitions et d’autres matériels de remplacement.

Les stocks de munitions seraient ensuite reconstitués lors d’une autre année, explique le porte-parole. Quarante autres millions seraient économisés en arrêtant les projets informatiques prévus.