Environnement: un gymnase bâlois interdit à ses élèves et à ses enseignants les voyages de classe en avion

Le traditionnel voyage de fin d’études du gymnase Leonhard, dans le canton de Bâle-Ville, se fera désormais en train ou en bus. Les autorités de l’établissement ont décidé mardi d’interdire l’avion à leurs étudiants et enseignants. Une mesure bien acceptée après les récentes manifestations des jeunes pour le climat, lancées par la Suédoise Greta Thunberg.
14 févr. 2019, 14:20
/ Màj. le 14 févr. 2019 à 13:45
Les voyages de classe à l'autre bout de l'Europe se feront désormais en train pour les étudiants Leonhard de Bâle (illustration).

À la fin de leurs études gymnasiales, les jeunes Suisses ont pour habitude de s’offrir un petit voyage en Europe. Souvent en avion. Mais, encouragé par la Suédoise Greta Thunberg, des milliers d’étudiants ont depuis manifesté dans la rue, reprochant à leurs aînés et aux autorités de ne rien faire pour freiner le changement climatique.

Les autorités du gymnase Leonhard, au cœur de la vieille ville de Bâle, les ont pris au mot. Mardi, le conseil de l’établissement a voté à une très large majorité pour l’interdiction des voyages d’étude en avion, rapporte le quotidien bâlois BZ

Grâce aux compagnies low cost, il n’était pas rare de voir des centaines d’Helvètes en goguette prendre les airs pour leur dernière «promenade d’école». La Basler Zeitung a recensé 30 classes suisses qui l’ont fait l’an dernier. 

Effectif dès la volée 2019

Pour les élèves de Leonhard, c’est terminé. L’initiative a été lancée par l’un de ses enseignants, Georg Geiger. «L’effet ne sera pas rétroactif», précise-t-il, «seules les élèves qui commencent leur formation l’été prochain seront concernés.»

Mais les jeunes Bâlois qui terminent actuellement leur cursus ne feront pas l’économie d’un débat. «Ils devront en discuter, en classe, avec leur prof, et décider si c’est logique ou pas de prendre l’avion.» Georg Geiger a lui-même mis ses étudiants devant le fait accompli: «ce sera soit avec l’avion, soit avec moi.» Ils ont tranché pour le train et se sont offert une belle virée de 7 heures pour Rome. Le professeur bâlois est persuadé que tous les établissements publics du canton doivent eux aussi apporter leur petite contribution à la réduction des émissions de CO2.

Les étudiants convaincus

Du côté des principaux concernés, les représentants des élèves s’étaient prononcés en faveur d’une telle mesure. «Même si on ne va pas sauver le monde en faisant ça», admet l’un d’eux, Nino Russano, par ailleurs candidat des jeunes socialistes au Conseil national. «Mais on doit combattre le changement climatique à tous les niveaux.»

par Olivier Hugon