Césarienne: la Suisse dans le peloton de tête

Parmi les pays européens, la Suisse est l'un de ceux qui pratique le plus la césarienne. Les différences sont très importante d'un canton à l'autre. Aucune explication n'a été trouvée.
07 août 2015, 11:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les enquêteurs privilégient la piste d'un enlèvement familial.

La Suisse figure dans le peloton de tête de l'OCDE en matière de césariennes, avec un taux avoisinant un tiers des naissances. Pour le Conseil fédéral, il est impossible de donner une explication définitive aux causes de ce taux élevé.

Le gouvernement a présenté mercredi un rapport en réponse à un postulat de la conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier (PS/GE). Sa conclusion: le taux élevé de césariennes, avec les conséquences qui s'ensuivent, dépend de toute une série de facteurs et ne peut s'expliquer à l'aide de simples liens de cause à effet.
 
La proportion varie considérablement d'un canton et d'une région à l'autre. En 2010, elle était deux fois plus élevée à Zoug (42,7%) que dans le Jura (19,2%). Le recours aux césariennes est plus fréquent en milieu urbain que dans les régions rurales.
 
Un âge plus élevé des parturientes ou une assurance complémentaire en division privée accroissent la probabilité d'accouchement par césarienne. Mais, d'après les experts internationaux, la hausse du taux de césariennes est aussi lié à l'appréciation des risques médicaux par des spécialistes en médecine.
 
Les études scientifiques démontrent qu'une césarienne tend à accroître les risques pour la mère lors des grossesses et accouchements suivants. Chez le nouveau-né, cette intervention accroît à terme le risque de contracter un diabète de type 1 ou de souffrir d'asthme.
 
Appel aux gynécologues
 
Tous les accouchements par césarienne ne sont pas liés à une situation d'urgence. Pour le Conseil fédéral, il faut bien réfléchir au mode d'accouchement, même si la décision finale (pour ou contre une césarienne) relève de la responsabilité des spécialistes en médecine.
 
Le gouvernement demande aux associations professionnelles compétentes de réexaminer si l'indication médicale des césariennes programmées est indispensable et de collecter à cet effet des données. Une césarienne est une intervention médicale, qui engage en premier lieu la responsabilité des spécialistes en gynécologie obstétrique.
 
Mais il s'agit aussi de fournir aux femmes enceintes des informations approfondies sur les avantages et les risques de ce type d'accouchement. Cette approche devrait éviter la croissance de césariennes réalisées sans nécessité médicale. Par ailleurs, la Confédération examinera la possibilité de mieux combiner à l'avenir les données statistiques recueillies sur la mère et sur l'enfant.