Victoire écrasante des pro-démocratie à Hong Kong: Carrie Lam «à l’écoute»

Les pro-démocratie de Hong Kong ont infligé un camouflet aux autorités chinoises. La cheffe de l’exécutif de Hong Kong Carrie Lam a déclaré lundi qu’elle respecterait les résultats.
25 nov. 2019, 07:13
/ Màj. le 25 nov. 2019 à 12:50
Les pro-démocratie laissent déjà éclater leur joie dans les rues de Hong Kong.

La chef de l'exécutif hongkongais a promis lundi d'"écouter humblement" les électeurs au lendemain de la victoire écrasante des pro-démocratie aux élections locales. L'ampleur du revers des candidats pro-Pékin sonne comme un camouflet pour les autorités chinoises.

Selon des médias hongkongais, sur les 452 sièges de conseillers de district à pourvoir, les candidats pro-démocratie en ont remporté 388, soit un gain exceptionnel de 263 sièges par rapport au précédent scrutin en 2015. Les candidats pro-Pékin ne conservent que 59 sièges. Les cinq derniers reviennent à des indépendants.

 

 

"C'est un profond rejet de l'administration [de Hong Kong, ndlr] et de la politique de Pékin envers Hong Kong", a déclaré à l'AFP Willy Lam, analyste de la politique de Hong Kong. Les autorités chinoises ont cependant assuré continuer à soutenir "résolument" Carrie Lam, la chef de l'exécutif de Hong Kong.

"Sang et larmes" des manifestants

Cette dernière a assuré dans un communiqué que "le gouvernement écoutera certainement humblement les opinions des citoyens et y réfléchira sérieusement".

Elle n'a livré aucune précision sur ce qu'elle entend faire, mais ses opposants l'ont aussitôt invitée à accéder à leurs cinq revendications, dont l'avènement du suffrage universel dans la mégapole de 7,5 millions d'habitants et une enquête sur ce qu'ils considèrent comme des violences policières.

Quoi qu’il arrive, Hong Kong fait partie de la Chine.
Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères

"Les électeurs ont utilisé la manière la plus pacifique pour dire au gouvernement que nous n'accepterons pas que Hong Kong devienne un État policier et un régime autoritaire", a déclaré Wu Chi-wai, président du parti démocrate, le plus grand parti d'opposition. "Le gouvernement doit honnêtement faire face à l'opinion publique".

Le parti travailliste, qui appartient au bloc politique pro-démocratie, a attribué le résultat électoral à "la sueur, le sang et les larmes" des manifestants. Depuis une semaine, la mégapole qui était en proie à des actions de plus plus violentes connaît un répit dans les manifestations, les protestataires ne voulant pas hypothéquer la tenue du scrutin.

 

 

Les nouveaux élus à PolyU

Le siège de l'université polytechnique (PolyU), où sont retranchés des protestataires radicaux et théâtre le week-end précédent de la plus violente confrontation depuis juin avec les forces de l'ordre, se poursuivait lundi. Des dizaines de conseillers nouvellement élus s'y sont rendus pour demander à la police de laisser les protestataires sortir librement.

Un forum Internet, prisé des manifestants pro-démocratie, a appelé à une marche dimanche pour faire pression sur le gouvernement.

Revers minimisé en Chine

Les médias d'Etat chinois ont minimisé le revers subi par le camp pro-Pékin, accusant les gouvernements occidentaux d'être à l'origine des manifestations contre le gouvernement.

Pour le quotidien China Daily, "il est difficile d'imaginer le nombre d'opinions que représente le résultat des élections" notamment, "quand les gens vivent dans l'ombre de la terreur des émeutiers". La participation a dépassé 71% des 4,13 millions d'électeurs inscrits, un record.