Vénézuéla: des dizaines de milliers de femmes dans les rues contre le président

Des dizaines de milliers de femmes se sont rassemblées dans les rues de Caracas, samedi, pour s'élever contre le président vénézuélien Nicolás Maduro. De nouveaux rassemblements sont prévus ce dimanche.
07 mai 2017, 08:37
/ Màj. le 07 mai 2017 à 08:39
Vêtues de blanc, les femmes tenaient à la main des fleurs ou des pancartes condamnant la répression contre les opposants au Venezuela, où les violences ont fait 36 morts depuis le 1er avril.

Des dizaines de milliers de Vénézuéliennes ont manifesté samedi à Caracas contre le président Nicolás Maduro. Le chef d'Etat a répliqué par la mobilisation de milliers de ses partisanes contre la "violence terroriste" de l'opposition.

La tension ne devrait pas baisser dimanche, avec un nouveau rassemblement prévu dans la capitale: des musiciens et des artistes doivent défiler dans l'est de Caracas pour rendre hommage aux victimes.

Emmenées par des députées, les manifestantes hostiles au président socialiste ont tenté de défiler samedi jusqu'au siège du ministère de l'intérieur et de la justice. Elles ont été arrêtées par un cordon de militaires appuyés par des policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Vêtues de blanc, elles tenaient à la main des fleurs ou des pancartes condamnant la répression contre les opposants au Venezuela, où les violences ont fait 36 morts depuis le 1er avril. En signe de protestation, plusieurs femmes ont dénudé leur poitrine devant les militaires. "Nous n'avons pas d'armes. Nos armes sont nos seins", criaient-elles.

Des rassemblements similaires ont eu lieu dans d'autres villes, comme à San Cristobal, dans l'ouest, et à Aragua, dans le nord, où la police a dispersé le défilé avec des gaz lacrymogènes.

"Nous défendons la révolution"

Parallèlement, des milliers de femmes favorables au pouvoir, vêtues de rouge, ont marché jusqu'au siège de la Défense populaire, dans le centre de Caracas. "Nous défendons Nicolas (Maduro) et la révolution", a lancé l'une d'elles.

 

 

"Nous sommes venues demander que justice soit faite contre ceux qui encouragent la haine et la rage (...) et qui veulent créer les conditions d'une guerre civile", a déclaré la ministre de la femme. Cette mobilisation des femmes des deux camps s'est déroulée sur fond de tensions toujours très fortes au Venezuela.

Dans ce pays en profonde crise politique et économique, les opposants défilent presque chaque jour depuis le 1er avril pour exiger le départ de M. Maduro avant la fin de son mandat en décembre 2018. Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent qu'il quitte immédiatement ses fonctions, d'après un sondage Venebarometro.