Russie: l’opposant Navalny se dit victime de «violence psychologique»

Dans son premier entretien depuis son incarcération en janvier 2021, l’opposant russe Alexeï Navalny a décrit les violences qu’il a subies. Il avait été condamné à une peine de deux ans et demi de prison.
25 août 2021, 21:43
/ Màj. le 25 août 2021 à 21:46
Navalny détaille le déroulement de ses journées, principalement consacrées selon lui au visionnage de la télévision d'Etat russe ou à des films de propagande (archives).

L’opposant russe Alexeï Navalny a décrit ses conditions d’emprisonnement, qualifiées de «violence psychologique» digne d’un «camp de travail chinois», dans un entretien au New York Times paru mercredi, le premier depuis son incarcération en janvier 2021. Il a été condamné à une peine de deux ans et demi de prison.

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On doit s’asseoir sur une chaise et regarder la télévision (…) Lire, écrire ou faire quoi que ce soit d’autre est interdit.
Alexeï Navalny, opposant russe

«Imaginez quelque chose comme un camp de travail chinois, où tout le monde marche en rang et où il y a des caméras partout. Le contrôle est constant et il y a une culture de la dénonciation», raconte cet ancien avocat de 45 ans dans un échange manuscrit de 54 pages.

Il y détaille le déroulement de ses journées, principalement consacrées selon lui au visionnage de la télévision d’Etat russe ou à des films de propagande. "On doit s’asseoir sur une chaise et regarder la télévision (…) Lire, écrire ou faire quoi que ce soit d’autre est interdit."



«Tout est organisé pour que je sois contrôlé au maximum à chaque heure de la journée», raconte-t-il, dénonçant une «violence psychologique».

Au cours de ses premières semaines d’emprisonnement, les gardes le réveillaient plusieurs fois par nuit, affirme-t-il. «Je comprends maintenant pourquoi la privation de sommeil est l’une des méthodes de torture préférées des services secrets (…) Ça ne laisse pas de traces et c’est insupportable.»