Royaume-Uni: les députés sont privés de vacances pour mettre en oeuvre le Brexit

À moins de deux mois du Brexit, les députés britanniques sont privés de vacances en février. L’objectif du gouvernement est de préparer les lois nécessaires pour mettre en oeuvre la sortie de l’Union européenne. Les séances de débats pourraient être aussi allongées.
31 janv. 2019, 15:15
/ Màj. le 31 janv. 2019 à 15:10
La porte-parole de la Première ministre britannique Theresa May a annoncé "prendre toutes les mesures disponibles pour s'assurer que le 29 mars sera bien la date de sortie".

Le gouvernement britannique a décidé jeudi de priver les députés de vacances en février pour permettre l’adoption de la législation nécessaire à la mise en oeuvre dans les temps du Brexit. Un ministre n’a toutefois pas exclu son report.

«Nous sommes déterminés à avoir tout en place afin que nous puissions quitter (l’UE) le 29 mars de cette année», a déclaré le porte-parole de la Première ministre conservatrice Theresa May. «Le fait que la pause (parlementaire) n’aura pas lieu et que les députés siégeront montre que nous prenons toutes les mesures disponibles pour nous assurer que le 29 mars sera bien notre date de sortie».

 

 

Outre la suppression de ces vacances parlementaires, qui était prévue du 15 au 24 février, Downing Street envisage également d’allonger les séances de débats au Parlement. Sept lois doivent encore être votées, dont les textes portant sur le commerce, l’agriculture et l’immigration, et les débats n’ont pas commencé pour certaines.

Pression maîtrisée

«Je pense que nos électeurs s’attendent à ce que la Chambre (des communes) puisse continuer à progresser durant cette période importante», a déclaré jeudi la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, devant les députés.

Elle s’est aussi voulue rassurante, affirmant que toute la législation nécessaire pourrait être passée en moins de deux mois. «Nous sommes sous pression mais nous maîtrisons très bien la situation et nous prévoyons d’accomplir ce que nous devons faire d’ici au 29 mars», a-t-elle assuré.

 

 

Les députés britanniques ont recalé à une écrasante majorité, mi-janvier, l’accord de divorce conclu en novembre par Mme May avec l’UE.

A lire aussi : Brexit: les députés britanniques rejettent l'accord de divorce conclu avec l’Union Européenne par 432 voix contre 202

Rouvrir les négociations

Face à cette hostilité des parlementaires, qu'ils soient Brexiters ou europhiles, la Première ministre a dit mardi vouloir rouvrir les négociations sur le texte afin d'obtenir des concessions susceptibles de rallier une majorité, en particulier sur la question de la frontière irlandaise. Mais l'Union européenne lui a jusqu'ici adressé un refus ferme.

 

 

Sans accord, le Royaume-Uni risque de quitter le bloc européen sans garde-fou, un scénario redouté par les milieux économiques et contre lequel a mis en garde le centre de réflexion europhile Institute for Government. Le Royaume-Uni n'est pas prêt pour un "no deal", a-t-il prévenu, et les perturbations qu'il engendrera seraient "extrêmement préjudiciables".