Pologne: quelques milliers de personnes manifestent contre les refoulements de migrants à la frontière

Les manifestants, réunis à l’appel de plusieurs ONG ont parcouru le centre de la ville, brandissant des pancartes «Stop aux tortures à la frontière». Ils s’opposent aux refoulements de migrants pratiqués à la frontière entre la Pologne et le Bélarus
17 oct. 2021, 18:35
/ Màj. le 17 oct. 2021 à 19:06
Au total, sept personnes ont perdu la vie à cette frontière orientale de l'UE, depuis le début de l'afflux migratoire observé dans la région depuis l'été, selon les autorités polonaises, lituaniennes et bélarusses.

Quelques milliers de personnes ont manifesté dimanche à Varsovie contre les refoulements de migrants pratiqués à la frontière de l’Union européenne, entre la Pologne et le Bélarus.

Depuis le mois d’août, des milliers de migrants, originaires pour la plupart du Moyen-Orient et d’Afrique, tentent de franchir la frontière polonaise depuis le Bélarus.

Selon les témoignages de migrants et des organisations non gouvernementales, la Pologne pratique le refoulement qui consiste à reconduire les migrants interpellés à la frontière, et les pousser à retourner au Bélarus.

Les manifestants, réunis à l’appel de plusieurs ONG ont parcouru le centre de la ville, brandissant des pancartes «Stop aux tortures à la frontière», «Personne n’est illégal» ou «Cette nuit quelqu’un va mourir de froid à la frontière».



Des manifestations de moindre envergure se sont tenues dans d’autres villes de Pologne, selon les médias locaux.

Des morts à la frontière

Au total, sept personnes ont perdu la vie à cette frontière orientale de l’UE, depuis le début de l’afflux migratoire observé dans la région depuis l’été, selon les autorités polonaises, lituaniennes et bélarusses.

Jeudi, le Parlement polonais a approuvé un amendement à la loi sur les étrangers qui légalise la pratique de refoulement, et ce en dépit d’une demande d’asile. Actuellement, cette pratique est fondée sur un simple arrêté ministériel.

Le Parlement a aussi donné son feu vert au projet gouvernemental de construire un mur pour empêcher les migrants de franchir la frontière, un projet estimé à 353 millions d’euros.

Soupçons de représailles

Nombre d’ONG critiquent la Pologne pour avoir imposé un état d’urgence à sa frontière orientale, qui empêche les organisations humanitaires d’aider les migrants et interdit l’accès à tous les non-résidents, y compris aux journalistes.

L’Union européenne accuse Minsk d’orchestrer cet afflux, en représailles aux sanctions imposées par l’UE à la suite de la répression de l’opposition par le régime bélarusse.