La découverte d'un blé OGM aux USA inquiète l'Asie et l'UE

La découverte d'un blé génétiquement modifié aux Etats-Unis suscite l'inquiétude en Asie et en Europe.
07 août 2015, 11:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
(KEYSTONE/Alessandro Della Bella)
La découverte aux Etats-Unis d'une variété de blé génétiquement modifié suscite l'inquiétude en Asie et en Europe, où une partie des importations de céréales américaines vont être soumises à des contrôles renforcés. Le Japon a annulé un appel d'offres pour l'achat de blé américain.
 
La Commission européenne a annoncé jeudi avoir demandé à Washington comment tester la présence de cette souche OGM non homologuée, identifiée dans une ferme de l'Oregon, a déclaré un porte-parole de l'exécutif communautaire.
 
Les chargements de blé en provenance des Etats-Unis seront bloqués si la présence de cette variété est établie, a-t-il ajouté. Bruxelles se refuse toutefois à évoquer des restrictions en bonne et due forme, des mesures qui nécessiteraient l'accord de l'Union dans son ensemble.
 
De son côté, le Japon a annulé un appel d'offres pour l'achat de blé américain destiné au marché de l'alimentation. Le département américain de l'Agriculture (USDA) a annoncé mercredi la découverte dans l'Oregon d'une variété de blé mise au point il y a plusieurs années par le groupe Monsanto mais qui n'a jamais reçu d'homologation pour la vente et la consommation.
 
Des responsables de l'USDA ont déclaré mercredi qu'aucun élément ne permettait de conclure que le blé génétiquement modifié était entré dans le circuit commercial, mais des négociants estiment que l'affaire pourrait nuire aux exportateurs américains.
 
Risque de pression sur la demande
 
Toru Hisadome, haut fonctionnaire du ministère japonais de l'Agriculture, a expliqué que Tokyo avait demandé des explications à Washington mais que les achats de la variété de blé concernée, le "blé blanc" (western white) seraient interrompus au moins jusqu'à ce qu'un test d'identification de la présence éventuelle d'OGM soit disponible.
 
La Corée du Sud, la Chine et les Philippines, qui sont eux aussi de gros importateurs de blé, ont dit surveiller de près l'évolution du dossier. L'Asie importe plus de 40 millions de tonnes de blé chaque année, soit près d'un tiers des échanges mondiaux, et la majeure partie de ces achats provient des Etats-Unis et d'Australie.
 
"Je ne serais pas surpris si d'autres pays commençaient à annuler ou à réduire leurs achats de blé américain, notamment des pays asiatiques, ce qui mettrait la demande de blé sous pression", a commenté Joyce Liu, analyste de Phillip Futures à Singapour.
 
Pour autant, les importateurs ne sont pas en mesure de se passer totalement du blé produit aux Etats-Unis, soulignent analystes et hauts fonctionnaires.