L'EI déclare la guerre aux milices de Tripoli

Les membres de l'Etat islamique ont déclaré, ce dimanche, la "guerre" aux milices qui contrôlent la capitale libyenne. L'organisation terroriste a revendiqué un attentat suicide qui a fait cinq morts.
07 août 2015, 15:28
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
epa04670051 A Libyan militia advances during clashes with rivals near Bir al-Ghanam, 90 km north of Tripoli, Libya, 19 march 2015. According to local reports one member of a militia blew himself up in clashes which claimed the lives of nine and left 14 wounded from both sides, as fighting continues in the war torn country, in which a senior commander from a group which has pledged allegiance to the group calling themselves the Islamic State (IS), Tunisian Ahmed Rouissi, was killed 17 March, and as the situation in Libya is expected to be discussed at an EU Heads of government meeting taking place in Brussels.  EPA/STR

Un kamikaze s'est fait exploser à bord d'une voiture près d'un point de contrôle à une entrée de la localité de Dafiniyah, entre Zliten et Misrata, à l'est de Tripoli, selon un porte-parole de Fajr Libya (Aube de la Libye). L'attaque a tué cinq miliciens et blessé sept, selon un bilan donné par l'agence de presse LANA, proche des autorités de Tripoli, non reconnues par la communauté internationale.

L'EI a revendiqué l'attaque et affirmé qu'elle avait été menée par un Tunisien identifié comme "Abou Wahib al-Tounsi". Il a prévenu dimanche les miliciens qu'ils devaient se préparer à la "guerre".

"Les apostats de Fajr Libya (...) doivent savoir qu'une guerre se profile", a aussi indiqué l'EI.

Territoires contestés

Fajr Libya est une coalition de milices, hétéroclites mais dont certaines sont composées d'islamistes, qui a pris le pouvoir l'été dernier à Tripoli. Elle y a établi un gouvernement et un Parlement, poussant les autorités reconnues par la communauté internationale à s'exiler.

Une partie du territoire contrôlée par Fajr Libya est désormais contestée par l'EI, qui a pris pied l'an dernier en Libye. Les djihadistes contrôlent déjà des zones dans la région côtière de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ont revendiqué des attaques suicide contre Fajr Libya près de Misrata.

Et le gouvernement Fajr Libya a appelé de son côté à la "mobilisation urgente" face au groupe Etat islamique. Et un député du parlement siégeant à Tripoli, Salim al Hamali, qui était porté disparu, a été par ailleurs retrouvé tué au sud de la capitale, a dit la chaîne de télévision Al-Nabaa.

"Croissant pétrolier"

Des djihadistes se sont emparés ces derniers jours de l'aéroport de Syrte, duquel des combattants de Fajr Libya se sont retirés. Cet aéroport, qui se trouve à 150 kilomètres de l'important "croissant pétrolier" libyen, est le premier pris par l'EI en Libye.

Le groupe ultra-radical sunnite contrôle désormais des zones entières dans cette région pétrolière. Les autorités de Tripoli accusent les djihadistes de s'être alliés à des anciens du régime de Kadhafi pour prendre pied à Syrte, la ville du défunt dictateur.

Toujours selon le gouvernement de Tripoli, l'EI disposerait par ailleurs de "cellules dormantes" dans la capitale, où le groupe djihadiste a déjà revendiqué des attaques.