Hong Kong: la loi d'extradition va être retirée par la gouverneur, victoire importante pour les manifestants

Après trois mois de manifestations sans interruption, le gouvernement local de Hong Kong a fini par lâcher du lest. Ce mercredi matin, la gouverneure Carrie Lam a annoncé qu'elle retirait la loi d'extradition qui avait déclenché le mouvement populaire le 31 mars dernier.
04 sept. 2019, 11:59
/ Màj. le 04 sept. 2019 à 08:42
Le gouvernement local lâche du lest après trois mois de manifestations.

La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a annoncé mercredi le retrait définitif de son projet de loi sur les extraditions. Cette concession pourrait cependant ne pas suffire à contenter des manifestants pro-démocratie.

"Le gouvernement retirera officiellement le projet de loi afin d'apaiser complètement les inquiétudes de la population", a déclaré Mme Lam dans une vidéo diffusée par ses services.

L'ex-colonie britannique traverse depuis début juin sa crise politique la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes, et notamment des manifestations monstres, qui ont parfois dégénéré en graves violences.

 

 

Cinq revendications

Le retrait du projet de loi sur les extraditions - dont les manifestants redoutaient qu'il ne place la ville à la merci d'une justice chinoise politisée - est une des cinq demandes clés du mouvement.

L'idée que Mme Lam puisse annoncer l'abandon définitif du texte, dont l'examen avait été suspendu après les premières manifestations, avait été annoncée en début d'après-midi par plusieurs médias hongkongais, puis confirmée par un député qui avait rencontré la cheffe de l'exécutif.

Ces informations, et l'espoir d'un apaisement dans la crise qui secoue le grand centre financier qu'est Hong Kong, ont fait bondir la Bourse locale, qui a clôturé sur une hausse de près de 3,90%, alors qu'elle avait cédé plus de 10% depuis juin.

"Pas assez, trop tard"

Mais il n'est pas sûr que cette concession suffise à apaiser des manifestants qui demandent beaucoup plus. "Pas assez, trop tard", a déclaré Joshua Wong, qui fut en 2014 le visage du "Mouvement des parapluies".

Ils n'ont en fait rien concédé, et une répression de grande échelle se prépare.
Joshua Wong, l’un des leaders du mouvement populaire

"Nous appelons aussi le monde à prendre garde à cette tactique et à ne pas se laisser tromper par Hong Kong et le gouvernement chinois. Ils n'ont en fait rien concédé, et une répression de grande échelle se prépare", a-t-il ajouté.

Des commentaires furieux sont aussitôt apparus sur les différents forums utilisés par le mouvement pro-démocratie, soulignant notamment qu'un retrait du projet de loi ne mettait pas fin aux protestations.

"Plus de 1000 personnes ont été arrêtées, un nombre incalculable blessées", indiquait notamment un message largement diffusé sur l'application de messagerie Telegram, avant d'ajouter: "Cinq exigences majeures, pas une de moins. Libérez HK, la révolution maintenant".