France: Ziad Takieddine aurait tenté de fuire, il a été mis en garde à vue

Plusieurs fois inculpé dans l'affaire Karachi en France, l'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine est soupçonné d'avoir voulu quitter le pays. Il a été mis en garde à vue.
07 août 2015, 11:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine, plusieurs fois inculpé dans l'affaire Karachi, a été placé jeudi en garde à vue. La police le soupçonne d'avoir voulu fuir la France.

L'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine, plusieurs fois inculpé dans l'affaire Karachi, a été placé jeudi en garde à vue. La police le soupçonne d'avoir voulu fuir la France, a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Cette source a précisé que M. Takieddine, qui est soumis en France à un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le pays, s'était notamment procuré un passeport diplomatique de République dominicaine.

La justice française enquête sur son rôle dans l'affaire Karachi, un scandale sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle de 1995 par le biais de rétrocommissions présumées, dans le cadre de contrats d'armement avec le Pakistan.

Une source judiciaire a précisé qu'une instruction avait été ouverte début mai par le parquet de Paris des chefs de "corruption d'agent public étranger" et "escroquerie".

Ziad Takieddine est notamment poursuivi dans l'affaire Karachi pour recel d'abus de biens sociaux. Les juges soupçonnent que des commissions qu'il aurait touchées en marge de contrats d'armement conclus en 1994 pourraient avoir contribué à un éventuel financement illicite de la campagne présidentielle de l'ancien premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Placé sous contrôle judiciaire, M. Takieddine a par le passé fait plusieurs demandes de restitution de son passeport qui lui ont été refusées.

Le nom de Takieddine est également cité dans une enquête judiciaire ouverte en novembre 2012, notamment pour "blanchiment et corruption", concernant la saisie de 1,5 million d'euros en liquide que transportait l'homme d'affaires de retour de Libye le 5 mars 2011.

Il a par ailleurs plusieurs fois affirmé détenir les preuves d'un financement illicite par la Libye de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Une enquête judiciaire a été ouverte à ce sujet en avril.