France: l'homme interpellé voulait vraisemblablement tuer le militaire français

Un homme de 22 ans partisan d'un "islam traditionnel voire radical" a été interpellé mercredi matin à la Verrière, dans les Yvelines. Il est soupçonné d'avoir agressé le militaire au couteau samedi en banlieue parisienne.
07 août 2015, 11:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'auteur présumé de l'agression d'un militaire samedi en banlieue parisienne, a été arrêté mercredi à La Verrière, dans les Yvelines.

L'agresseur présumé d'un militaire samedi dernier à Paris, converti à l'islam à sa majorité, avait vraisemblablement la volonté de tuer un représentant de l'Etat français au nom de son idéologie religieuse, a déclaré mercredi le procureur de la République de Paris.

"Alexandre", né le 30 mai 1991, a été interpellé par les policiers mercredi matin à La Verrière, près de Paris, à 06h10. Il "a reconnu les faits", a dit François Molins lors d'une conférence de presse.

Le caractère des faits nous laissent supposer qu'il a voulu attaquer un représentant de l'Etat "au nom de son idéologie religieuse", a-t-il ajouté.Alexandre "se serait converti à l'islam à la fin de sa minorité", a-t-il encore précisé.

François Molins a ajouté que la qualification terroriste serait vraisemblablement retenue pour cet acte. "Le fait que la volonté à ce moment-là était de tuer ce soldat apparaît assez évident. Puisque l'auteur n'hésite pas en effet à porter plusieurs coups avec une détermination impressionnante", a déclaré le procureur.

Converti recemment

La police française a arrêté mercredi en banlieue parisienne l'auteur présumé de l'agression d'un militaire français samedi à Paris. Il s'agit d'un jeune homme décrit par les enquêteurs comme un partisan de l'"islam traditionnaliste voire radical".

"L'auteur présumé de l'agression contre un militaire samedi soir à la Défense a été interpellé ce matin à La Verrière, dans les Yvelines", à l'ouest de Paris, selon un communiqué du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

"C'est un jeune islamiste récemment converti et déjà connu des services de police spécialisés pour ses convictions religieuses", confirme une autre source proche du dossier. Il était aussi connu des services de police pour des faits de petite et moyenne délinquance, notamment des vols, a indiqué une source policière.

"Il faut en savoir plus sur ses motivations, sur son parcours, sur son environnement familial", a insisté le ministre français de l'Intérieur Manuel Valls qui a appelé à la prudence.

L'agression du militaire, qui avait été blessé à la gorge et avait été hospitalisé au cours du week-end dernier, était survenue trois jours après le meurtre à Londres d'un soldat britannique par deux islamistes radicaux, sans qu'aucun lien n'ait été établi entre les deux attaques.

Forte émotion

Elle avait suscité une forte émotion en France un peu plus d'un an après l'assassinat au nom du jihad de sept personnes, dont trois militaires, par Mohamed Merah, un jeune délinquant de la banlieue de Toulouse, au sud-ouest de la France.

A ce propos, le ministre de l'Intérieur a indiqué mercredi qu'il y avait, selon lui, "plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de Merah potentiels" en France. Il a également mis en garde contre le risque posé par "plusieurs centaines d'Européens" partis combattre en Syrie, "parfois" avec "des troupes clairement affiliées à Al-Qaïda".

L'agression du militaire, qui était en patrouille dans le cadre d'un dispositif antiterroriste, avait été filmée par la vidéosurveillance et la police disposait d'images nettes. Sur certaines images, on voyait l'agresseur priant quelques minutes avant l'agression, portant un petit chapeau et une tenue noire, selon des sources proches de l'enquête.

Les enquêteurs disposaient également d'un sac abandonné par l'agresseur, contenant un couteau et une bouteille de boisson, ce qui a permis de l'identifier, notamment grâce à ses traces ADN, a précisé une source policière.

A la suite de ces avancées, la police judiciaire parisienne a déployé un très important dispositif de surveillance, notamment autour de la ville de Trappes, dans le département des Yvelines, pour prévenir toute récidive.

Le militaire agressé, âgé de 23 ans, a pu quitter l'hôpital lundi mais est "traumatisé", selon sa compagne.