France: grande grève dans l’Education à trois mois de la présidentielle

L’ensemble des syndicats d’enseignants ont appelé à la grève ce jeudi en France. Ils dénoncent «une pagaille indescriptible» dans les établissements scolaires en raison des protocoles sanitaires qu’implique la 5e vague de coronavirus.
13 janv. 2022, 14:04
/ Màj. il y a 7 jours
Une grande partie des enseignants de France sont en grève ce jeudi, comme ici à Bayonne, dans le sud-ouest du pays.

Une grande partie des enseignants de France, exaspérés par la gestion gouvernementale de l’épidémie de Covid-19 à l’école, était en grève jeudi. Le mouvement pourrait fragiliser le président Emmanuel Macron à trois mois de l’élection présidentielle.

Les chiffres sur la participation divergeaient à la mi-journée, le ministère de l’Éducation nationale annonçant 38,5% de grévistes dans les écoles (pour les élèves de 6 à 11 ans), tandis que le premier syndicat du primaire, le Snuipp, faisait état de 75% de grévistes et de la fermeture d’une école primaire sur deux.



Dans les collèges et lycées, 23,7% des enseignants sont mobilisés, selon le ministère, 62% selon le Snes-FSU, premier syndicat du second degré.

L’ensemble des syndicats d’enseignants ont appelé à la grève, l’un d’eux évoquant «une mobilisation historique par son ampleur sur ces vingt dernières années».

Et ce mouvement est soutenu par nombre de parents et de chefs d’établissement ne sachant plus où donner de la tête en raison des changements de protocoles sanitaires répétés à l’école.

«Pagaille»

Les syndicats dénoncent «une pagaille indescriptible» dans les établissements scolaires en raison de la cinquième vague épidémique et des protocoles sanitaires qu’elle implique. Le gouvernement se félicite, lui, que la France soit un des pays qui a le moins fermé les écoles pendant la pandémie, malgré les difficultés.

Depuis le retour en classe après les fêtes de Noël, les écoles vivent au rythme d’un nouveau protocole sanitaire qui nécessite une multiplication des tests. Un dispositif compliqué, alors que les cas se multiplient et entraînent la fermeture de milliers de classes parmi les 527’000 que compte la France.

Ministre sur la sellette

Dans le collimateur des grévistes, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, accusé de «mépris» et d’«autoritarisme» envers le personnel enseignant, notamment pour avoir annoncé la veille de la rentrée scolaire et via la presse le protocole sanitaire qui s’appliquerait après les vacances de Noël. Depuis, le protocole a changé plusieurs fois.

M. Blanquer a de plus exaspéré les enseignants en assénant qu’«on ne fait pas une grève contre un virus» et plusieurs figures de l’opposition de gauche ont réclamé sa démission.

par Keystone - ATS