France: confusion autour du livre de Iacub sur sa liaison avec DSK

Les libraires français s'adaptaient mercredi tant bien que mal à la décision de justice qui a ordonné la veille l'insertion d'un encart dans le livre d'une auteur condamnée pour atteinte à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.
07 août 2015, 11:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Dominique Strauss-Kahn attaque Marcela Iacub et son éditeur pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" dans le livre "Belle et Bête" qui relate leur relation.

Manque d'informations, disponibilité très réduite: les libraires français s'adaptaient mercredi tant bien que mal à la décision de justice qui a ordonné la veille l'insertion d'un encart dans le livre d'une auteur condamnée pour atteinte à la vie privée de Dominique Strauss-Kahn.

La justice française a ordonné mardi l'insertion d'un encart "avant toute diffusion" dans chaque exemplaire du livre "Belle et Bête" de Marcela Iacub, relatant sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn, qui réclamait la saisie du livre.

Au Furet du Nord, la librairie la plus connue de Lille, dans le nord de la France, une quinzaine d'exemplaires ont été mis en place dès mercredi dans le rayon des nouveautés. L'encart judiciaire, qui avait été envoyé par mail aux responsables du magasin, a été imprimé et glissé entre la couverture et la première page.

Même situation au Virgin Megastore près de la garde Saint-Lazare à Paris, où les vendeurs était en train d'insérer la feuille indiquant la "condamnation [du livre] à la demande de Dominique Strauss-Kahn" précisant qu'"il porte atteinte à [sa] vie privée".

"On ne peut pas vendre le livre aujourd'hui et on n'a pas d'informations sur les délais de livraison", expliquait pour sa part un vendeur de la Fnac Saint-Lazare. Même son de cloche chez plusieurs petits libraires.

Selon les éditions Stock, les libraires ont été alertés par e-mail pour leur demander de suspendre la mise en vente du livre jusqu'à la réception de l'encart qu'ils seront tenus d'insérer dans l'ouvrage. Pour leur permettre de le vendre sans attendre, une version électronique de l'encart est également proposé aux libraires.

Quotidien condamné

L'ouvrage a été tiré initialement à 18'000 exemplaires et une première réimpression de 15'000 exemplaires a déjà eu lieu, a également précisé la maison d'édition. Outre l'insertion de l'encart, l'auteure et Stock ont été condamnés à verser solidairement 50'000 euros (60'900 francs) de dommages et intérêts à DSK.

L'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur", qui avait publié des extraits du livre, dont la sortie est prévue mercredi, et une longue interview de Marcela Iacub, a été condamné à publier un communiqué judiciaire couvrant la moitié de sa une et à 25'000 euros de dommages et intérêts.