Climat: un sommet virtuel cinq ans après l’Accord de Paris

Le secrétaire général de l’ONU a ouvert samedi un sommet virtuel pour relancer les efforts contre le réchauffement climatique. Ils invitent les dirigeants du monde à «déclarer l’état d’urgence climatique».
12 déc. 2020, 18:18
/ Màj. le 12 déc. 2020 à 18:39
Cinq ans après l'Accord de Paris sur le climat, des dizaines de chefs d'Etat tentent de relancer leurs efforts lors d'un sommet virtuel (ILLUSTRATION).

Antonio Guterres a appelé samedi le monde à «déclarer l’état d’urgence climatique». Le secrétaire général de l’ONU a ouvert un sommet en visioconférence destiné à relancer les efforts de lutte contre le réchauffement climatique, cinq ans après l’Accord de Paris.

«J’appelle aujourd’hui les responsables du monde à déclarer l’état d’urgence climatique dans leur pays jusqu’à ce que la neutralité carbone soit atteinte», a lancé Antonio Guterres. Il y a cinq ans, la communauté internationale s’était engagée à contenir le réchauffement «nettement» au-dessous de +2 °C, et si possible +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle.

Mais les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pris par les différents pays «n’étaient pas suffisants» et «n’ont pas été respectés», a souligné M. Guterres, avant de rappeler qu’il est nécessaire de «réduire les émissions mondiales de 45% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010».

 

 

Des dizaines de chefs d’État et de gouvernement dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président chinois Xi Jinping doivent afficher samedi leurs ambitions pour lutter contre le réchauffement climatique.

Des représentants d’entreprises comme Apple, de la société civile et de peuples indigènes doivent également participer à ce sommet organisé par les Nations unies, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l’Italie.

A moins d’un an de la COP26 qui se tiendra en novembre 2021 à Glasgow, en Ecosse, le secrétaire général de l’ONU les a exhortés «à faire preuve d’ambition, à faire cesser les coups portés à notre planète, et à faire ce qu’il faut pour garantir l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants».

Neutralité carbone

Avant le sommet, plusieurs Etats ont annoncé des plans ambitieux pour réduire leurs émissions de GES. Vendredi, les 27 pays de l’UE se sont entendus pour réduire leurs émissions d’«au moins 55%» d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre -40% précédemment, afin d’atteindre en 2050 la neutralité carbone.

La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060, tandis que le président élu Joe Biden s’est engagé à ce que les États-Unis atteignent cet objectif d’ici 2050.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé que le Royaume-Uni allait arrêter «dès que possible» de soutenir financièrement des projets d’énergies fossiles à l’étranger. Le gouvernement britannique s’est en outre engagé à réduire les émissions de CO2 d’au moins 68% d’ici 2030.

 

 

La Suisse a rappelé ses objectifs. Elle vise la diminution d’ici 2030 d’au moins 50% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, et celui de «zéro émission nette» en 2050. Elle est représentée par le chef des affaires internationales de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) Franz Perrez.