Affaire Epstein: dans la tourmente, le prince Andrew se retire de la vie publique

Accusé par une femme de l’avoir forcée à avoir des relations sexuelles avec lui alors qu’elle était mineure, le second fils de la reine Elizabeth II a annoncé mercredi qu’il mettait fin à ses engagements publics.
20 nov. 2019, 20:47
/ Màj. le 20 nov. 2019 à 20:52
Le second fils de la reine Elizabeth II a annoncé qu'il mettait fin à ses engagements publics.

Le prince Andrew, embourbé dans une polémique sans fin sur l’affaire Epstein, a annoncé mercredi «mettre fin à ses engagements publics». Il s’agit de l’une des pires crises qui secouent la famille royale britannique depuis des décennies.

Le duc d’York fait la Une des journaux depuis une longue et calamiteuse interview télévisée sur ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein, qui était accusé d’avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures des années durant et s’est suicidé en prison. Le prince s’est vu notamment reprocher de ne pas avoir pris ses distances avec lui, et de ne pas avoir exprimé d’empathie pour les victimes présumées.

J’ai demandé à sa Majesté si je pouvais me retirer de mes engagements publics dans un proche avenir.
Prince Andrew, duc d’York

«Il est devenu clair pour moi ces derniers jours que les circonstances de mes liens passés avec Jeffrey Epstein sont devenues une perturbation majeure du travail de ma famille et du» mien, explique le prince dans un communiqué.

«En conséquence, j’ai demandé à sa Majesté si je pouvais me retirer de mes engagements publics dans un proche avenir», ajoute le prince, précisant que la reine lui avait «donné sa permission».

 

 

Pensées pour les victimes

Le second fils de la reine Elizabeth II a dit mercredi «continuer de regretter sans équivoque [son, ndlr] association malavisée avec Jeffrey Epstein» et «compatir profondément avec toutes les personnes affectées» par l’affaire. Il se dit «bien sûr» prêt à coopérer à l’enquête.

Lors de son interview, le duc d’York, 59 ans, s’était contenté de contester les accusations d’une femme recrutée par Epstein qui affirme avoir été forcée d’avoir des relations sexuelles avec lui alors qu’elle était mineure.

A lire aussi : Etats-Unis: inculpé d’agressions sexuelles le financier Jeffrey Epstein s’est suicidé en prison

Depuis la diffusion, les critiques et les défections s’étaient multipliées, plongeant la famille royale dans ce que certains médias n’ont pas hésité à appeler «une seconde 'annus horribilis'», selon une expression d’Elizabeth II.

Mardi, la banque Standard Chartered et le cabinet de conseil et d’audit KPMG avaient annoncé qu’ils cesseraient de sponsoriser l’association du prince, «Pitch@Palace», qui aide des entrepreneurs et des start-up. Mercredi, le géant britannique des télécommunications BT a emboîté le pas.

Trois universités australiennes, la Bond University du Queensland et les universités Murdoch et RMIT de Melbourne, ont aussi annoncé mettre un terme à leur collaboration avec «Pitch@Palace», entre autres.