Affaire Bettencourt: la justice fixera le sort des neuf prévenus ce jeudi

Le tribunal correctionnel de Bordeaux rendra son verdict ce jeudi dans l'affaire Bettencourt. Neuf prévenus, dont Eric Woerth, soupçonnés d'avoir profité de l'héritière de L'Oréal, seront fixés sur leur sort.
07 août 2015, 15:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le procès de l'affaire Bettencourt se poursuit à Bordeaux.

Neuf hommes soupçonnés d'avoir profité à divers degrés de la vulnérabilité de Liliane Bettencourt, la richissime héritière de L'Oréal, seront fixés ce jeudi sur leur sort trois mois après avoir été jugés à Bordeaux. L'ex-ministre Eric Woerth fait partie des accusés.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux se prononce par la même occasion sur un autre volet de la tentaculaire affaire, jugé fin mars: un présumé "trafic d'influence" autour d'une légion d'honneur, dans lequel Eric Woerth et l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, sont aussi tous deux poursuivis.

Sommes vertigineuses et rancoeurs étalées au grand jour dans un monde d'ultra-riches: les juges bordelais se sont plongés pendant près de cinq semaines dans les déchirements familiaux et luttes de clans autour de la femme la plus riche de France. Le tribunal a notamment tenté de démêler les dons et legs de la 10e fortune mondiale à son entourage, des largesses qui ont pu lui être soutirées alors que son état de santé déclinait.

Le tout sur fond de débat entre spécialistes sur les capacités de discernement, manifestement fluctuantes, dont jouissait entre 2006 et 2011 la multimilliardaire âgée aujourd'hui de 92 ans. Atteinte de la maladie d'Alzheimer et sous tutelle, elle n'a pas assisté au procès.

Des absents

Sur les dix prévenus poursuivis pour abus de faiblesse, blanchiment et complicité (simple "recel" dans le cas d'Eric Woerth), seuls huit ont finalement comparu.

Alain Thurin, ex-infirmier de la vieille dame, a tenté de se suicider la veille du procès et n'a pu être jugé. Il est à présent "sorti du coma et en convalescence", a indiqué à l'AFP une source judiciaire. L'ex-gestionnaire de l'île seychelloise des Bettencourt, Carlos Vejarano, ne s'est pas présenté non plus, faisant valoir des raisons médicales.

Le procureur a requis la peine maximale, -- trois ans de prison ferme et 375'000 euros d'amende (388'000 francs), contre le photographe François-Marie Banier qui a invariablement invoqué à l'audience "le plaisir de donner" de son amie Liliane, une femme "extrêmement généreuse" qui avait, selon lui, "toute sa tête".

Trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 375'000 euros d'amende, ont également été requis contre Patrice de Maistre et le compagnon de Banier, Martin D'Orgeval. De la prison ferme a été également réclamée contre M. Vejarano.

Relaxe demandée pour Woerth

La relaxe a en revanche été demandée pour Eric Woerth, qui a démenti formellement avoir touché de l'argent de Patrice de Maistre. Relaxe réclamée aussi pour l'entrepreneur audiovisuel Stéphane Courbit, l'avocat Pascal Wilhelm et l'un des deux notaires poursuivis.