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07.09.2012, 07:01 - Valais
Actualisé le 07.09.12, 08:06

Primaire PLR: Christian Varone l'emporte, malgré Pascal Couchepin

Attaqué par Pascal Couchepin, Bernard Comby et Philippe Bender le commandant de la police a triomphé hier soir à Conthey.

1338 voix sur 2171 votants (61,6%) pour Christian Varone. Le commandant de la police cantonale n'a eu besoin que d'un seul tour pour l'emporter sur Marc-André Berclaz (468 voix, 21,5%) et Lise Delaloye (355 voix, 16,2%) et devenir le candidat officiel du PLR pour l'élection du Conseil d'Etat de mars 2013.

L'affaire Varone

Le choix du candidat PLR a attiré la foule hier soir à la salle polyvalente de Conthey. L'élection... et l'affaire Varone.

Pour répondre à l'actualité, le comité directeur a demandé à Christian Varone de faire une déclaration en tout début de séance. "J'ai ramassé tout simplement une pierre." Il affirme qu'il regrette son geste. Sous les ovations, il déclare maintenir sa candidature. Il assure qu'il saura prendre les décisions qui s'imposent quelles que soient les circonstances, "dans l'intérêt du parti".

D'entrée, le président du PLR, Georges Tavernier en appelle à l'unité du parti. " Nous n'avons pas le droit de nous diviser ", a-t-il lancé. Il sait qu'une primaire, qui met de côté deux candidats de valeur, peut laisser les traces. Mais l'affaire Varone revient au premier plan.

Pascal Couchepin a été hué

La candidature de Christian Varone est d'emblée contestée. C'est l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin qui lance la première salve.

Sous les huées, en ayant beaucoup de peine à aller jusqu'à la fin de son discours, il lance: "La déclaration faite par Christian Varone n'est pas suffisante" .

Et demande à ce dernier de se retirer s'il subit une condamnation pénale, ce qui vaut à l'ancien magistrat une nouvelle bronca.

L'ancien conseiller d'Etat Bernard Comby vient à la rescousse de son ex-collègue du Conseil national. " Le PLR ne doit pas subir une procédure judiciaire étrangère à rallonge. "

Si Christian Varone est désigné et s'il est condamné que fait le PLR, demande-t-il en substance?

Troisième personnalité du district de Martigny à prendre la parole, l'historien Philippe Bender, fils de l'ancien conseiller d'Etat Arthur Bender, renchérit: "Je souhaite que le choix de ce soir soit un choix définitif et non un choix jusqu'à droit connu".

Pour lui, il n'est pas possible de changer de champion en cours de route, au risque de perdre des plumes devant le peuple.

Christian Varone comme un roc

"Ce n'est pas un caillou en Turquie qui change quelque chose", l ance, sous les ovations, une militante. Christian Varone remonte alors à la tribune: "Aujourd'hui on bafoue deux droits fondamentaux, la présomption d'innocence et le respect de la personnalité. On m'a déjà condamné. On m'a exécuté! " Et il maintient sa candidature. "Si on en veut à ce point à ma peau, c'est qu'elle a de la valeur." Il relativise l'affaire de la pierre et parle de "simple erreur", montée en épingle. Il assure le PLR qu'au moment où son siège est menacé comme jamais: "Je vous mènerai à la victoire." " Le comité directeur estime que toutes les candidatures présentées ce soir sont légitimes" , assure Georges Tavernier pour clore ce chapitre. Et survient le vote.

Et le triomphe de Christian Varone.

Pascal Couchepin avait déjà quitté la salle...

Sonné. Christian Varone semblait ne pas en revenir lorsque Georges Tavernier, le président du PLR valaisan a annoncé les résultats: le commandant de la police cantonale l'a emporté largement avec 1338 voix, contre 468 pour Marc-André Berclaz et 355 pour Lise Delaloye. Immédiatement félicité par les siens, Christian Varone a mis quelques minutes pour revenir sur terre. "Je remercie tout d'abord Lise Delaloye et Marc-André Berclaz pour leur fair-play tout au long de la campagne", a-t-il déclaré en ajoutant que "ceux qui nous feront des mauvaises querelles nous trouveront sur leur route".

Il faut dire que la soirée n'a pas été de tout repos pour Christian Varone, violemment attaqué par Pascal Couchepin avant la présentation des candidats. Le politicien martignerain a vertement critiqué la candidature du Saviésan, la trouvant non légitime en raison de l'affaire turque. "

Cela ne m'a pas déstabilisé. Au contraire. Plus on m'attaque, plus je me sens fort" , nous a confié Christian Varone au moment du dépouillement des bulletins. L'homme est resté "serein" tout au long de la soirée, répétant cet adjectif dès son arrivée à la salle polyvalente de Conthey.

Déjà entouré par des centaines de partisans, Christian Varone a serré les mains en ajoutant, non sans humour, aux personnes attablées devant la salle: "N'oubliez pas que c'est à l'intérieur que cela se passe..."

Intouchable

Les " révélations " de la RTS de la veille semblent n'avoir eu aucune influence sur la sérénité du candidat. "Pour moi, le rôle d'un chef est de garder la tête froide en toutes circonstances" , nous avait-il déclaré un an avant d'envisager sa candidature. Encore une fois, Christian Varone l'a prouvé devant ses collègues de parti. L'homme a appliqué la devise, chère aux Saviésans: "Pa Capona" ( "Ne jamais baisser les bras") .

Lors de la présentation de Christian Varone, la députée Anne-Marie Sauthier Luyet a insisté sur les nombreuses qualités du Saviésan: son amour de la famille, ses côtés sportif, valaisan, travailleur et enfin, sa force de leader. "Même si présenter un candidat d'une telle qualité en trois minutes est impossible" , a ajouté Anne-Marie Sauthier Luyet.

" La sagesse affirme que pierre qui roule n'amasse pas mousse" , a quant à lui déclaré Christian Varone au début de sa propre présentation. L'affaire turque a fait partie intégrante de son discours. "Si on fait un tel foin pour avoir ramassé une pierre, c'est bien que c'est une faute bénigne... " Il a souligné ensuite "sa fierté de se dévouer au service sécuritaire et de le faire encore plus dans la voie du gouvernement."

Christian Varone a su convaincre les électeurs de son parti en rappelant qu'il "décide, gère et administre" depuis quinze ans dans des postes à responsabilités. "La date de mars 2013 est très importante pour notre parti, pour la pérennité de notre siège. Il faudra être fort de Goms à Saint-Gingolph et si vous me faites confiance, je le serai, pour le bonheur du Valais." Le Saviésan a été entendu. Sans doute grâce à sa capacité à ne jamais baisser les bras. Pa capona. Toujours.

Par JEAN-YVES GABBUD et CHRISTINE SAVIOZ



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