Jacques Melly dénonce la proposition de l’OFT de remplacer les trains non rentables par des bus.
Pour Jacques Melly, la proposition de l’Office fédéral des transports de remplacer par des bus les trains régionaux dont la rentabilité est inférieure à 50% (Le Nouvelliste de mardi) est non seulement une provocation, mais aussi un non-sens. Pourtant, le chef du Département valaisan des transports n’est pas très étonné de voir partir de Berne cette nouvelle bordée lancée contre le trafic régional.
Dans un entretien à paraître jeudi dans le "Nouvelliste", le ministre valaisan des transports déclare notamment : «C’est un non-sens. Lorsqu’en 2010 les fonctionnaires fédéraux avaient attaqué les bus régionaux avec, là aussi, des quotas minimaux, nous nous y étions opposés avec vigueur avec d’autres cantons. A l’époque, après avoir senti le vent du boulet passer très près, mais évité un démantèlement de notre réseau de bus, j’avais rendu visite aux entrepreneurs de cars postaux en leur disant : attention, à Berne ils sont déjà en train de recharger le canon !»
« Les bus aussi visés »
Et Jacques Melly d’ajouter : «qu’on ne s’y trompe pas : aujourd’hui, on veut toucher au rail, mais le bus ne perd rien pour attendre. Dans cette ordonnance, on trouve des éléments qui frappent aussi les lignes de bus. Des critères de rentabilité vont aussi être introduits pour ce type de transport. Or, en Valais, nous avons plus de 130 lignes subventionnés. Cela pourrait remettre en cause l’ensemble des dessertes dans nos fonds de vallée. Cela irait à l’encontre de toute une politique d’occupation du territoire, voulue par notre canton depuis des années. Cette politique soutient activement notre effort touristique, notre engagement dans la moyenne montagne, etc.»
«Cette ordonnance, que je comprends comme une provocation, est en consultation et nous devons faire des remarques et des propositions. C’est à ne plus rien comprendre à la politique suisse des transports. D’un côté, on voudrait soutenir et favoriser les transports publics, car on se rend compte que la route arrive à saturation avec le trafic privé, mais avec une telle ordonnance, voilà que l’on propose exactement le contraire.»
Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans notre édition papier du "Nouvelliste" de jeudi.
Par Gilles BERREAU

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