La marche des conteurs, qui a mené 17 artistes du val d'Anniviers au val d'Hérens, s'est arrêtée dans sept villages samedi soir.
Même si le désir de tout voir et de tout entendre était fort, il fallait bien choisir un seul lieu du val d'Hérens samedi soir. Nous avons jeté notre dévolu sur le site des Mayens de Sion, dans la fabuleuse maison de Monica Perez-Albela au départ du bisse de Vex.
Dans cette bâtisse dévolue à l'accueil et au partage, il semblait évident que des conteurs s'y sentent à l'aise. Sur le sol en bois de la grande salle du rez-de-chaussée, une femme et deux hommes ont conté devant une trentaine de personnes. Elle, Elisabeth Calandry, fait claquer ses petits talons sur le sol. Eux, Jihad Derwiche et Pierre Delye, sont pied nus. Ces six pieds scandent les histoires comme les pas des danseurs sur le parquet.
L'orage a attendu quelques instants pour s'inviter au-dessus de la maison. C'est encore meilleur d'écouter des contes quand il fait mauvais dehors. Alors le public s'est laissé bercer par les histoires d'enfants trouvés, les poèmes arabes, les barettes perdues, le diable en habit vert qui défie un brave homme, la manière dont le chant est venu au rossignol dans un monde auparavant tout noir.
Ce soir, dimanche, tous les conteurs seront réunis à la Ferme asile à Sion dès 19 heures pour une soirée en commun. Ce sera la dernière occasion pour eux d'être ensemble. Demain, ils retourneront tous à leur vie de solitaires, propre au métier de conteur.
Par Sonia BELLEMARE

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