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14.08.2012, 14:31 - Valais
Actualisé le 14.08.12, 15:15

Sion: ancien encaveur condamné à trois ans

Le verdict du Tribunal du district de Sion est plus clément qu'exigé par le procureur général.
Crédit: KEYSTONE

Un ancien encaveur sédunois a été condamné à trois ans de prison, dont 18 fermes par le Tribunal du district de Sion. La célèbre cave dont le prévenu était propriétaire, était au coeur d'une procédure de faillite depuis 17 ans.

Un ancien encaveur sédunois vient d’être condamné à trois ans de prison. Sa somptueuse villa de Sardaigne, qui a fait le bonheur du fils Kadhafi en son temps, devrait être saisie pour éponger des dettes s’élevant à 18,4 millions de francs.

18 mois fermes

Trois ans de prison, dont 18 mois fermes. Tel est le verdict rendu public mercredi du tribunal du district de Sion, placé sous la présidence de la juge Béatrice Neyroud, à l’encontre de C., l’ancien directeur d’une célèbre cave du Valais central. La cave en question se trouve au centre d’une procédure de faillite qui dure depuis 17 ans.

L’encaveur est reconnu coupable de gestion déloyale qualifiée, de banqueroute frauduleuse et de faux dans les titres. La peine prononcée comprend les 7 mois d’emprisonnement avec sursis auxquels C. a déjà été condamné en 2003. Ce verdict est plus clément que ce que demandait le procureur Jean-Pierre Gros qui avait requis trois ans et demi de réclusion et la révocation du sursis de la précédente condamnation.

La villa des peoples

Lors du procès du 18 juin dernier, une villa en Sardaigne achetée par C. s’était retrouvée au cœur du débat. Le Sédunois avait créé une société au Liechtenstein qui était devenue la propriétaire légale de cette fameuse demeure de luxe valant aujourd’hui 15 millions d’euros. Plus même, estiment certains avocats en charge du dossier se basant sur son rendement. En été 2005, la villa a été louée 150 000 euros pour trois mois, sans compter les charges. Les lieux plaisent aux people. Parmi les locataires qui y ont séjourné, on retrouve le fils du colonel Kadhafi et l’ancien premier ministre italien Umberto Dini.

Appel annoncé

L’avocat de l’accusé, Me Jean-Charles Bornet, déclarait lors du procès que la constitution de cette société liechtensteinoise avait eu pour but de protéger les intérêts financiers de la deuxième épouse de C. et les enfants qu’il avait eu avec cette dernière. Une thèse contestée par le défenseur de la masse en faillite, Me Christian Favre, qui parle de tentative de dissimulation.

Le tribunal a donné tort à l’accusé sur ce point. Il ordonne que la fameuse villa soit dévolue à la masse en faillite. C. est aussi condamné à verser aux repreneurs de sa cave un montant de près de 800 000 francs.

Me Jean-Charles Bornet, qui avait demandé l’acquittement, nous a déjà annoncé qu’il fera appel contre ce verdict, l’estimant trop sévère. Il conteste aussi la décision du tribunal concernant la villa qui appartient, selon lui, à une société et non à son client.

L’affaire devrait donc rebondir au Tribunal cantonal. Pour l’heure, l’Etat du Valais doit passer à la caisse et verser à l’avocat d’office la somme de 50 000 francs.

Par Jean-Yves GABBUD



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