Bourg-Saint-Pierre et Bagnes tremblent à l'idée de voir le peuple suisse dire oui à l'initiative Weber, qui vise à limiter les résidences secondaires.
Quel est le dénominateur commun entre Bourg-Saint-Pierre, ses 192 âmes, ses remontées mécaniques à l’arrêt et Bagnes, ses 7700 habitants, son tourisme qui tourne à plein régime? Ces deux municipalités d’Entremont tremblent à l’idée de voir le peuple suisse dire oui à l’initiative Weber qui vise à limiter les résidences secondaires à un maximum de 20% de surface construite par commune.
«En pratique, tous les villages d’altitude seraient interdits de construction pour des décennies», note inquiet le président de Bagnes. A l’invitation du préfet du district Jean-Maurice Tornay, Christophe Dumoulin et les présidents des cinq autres communes d’Entremont ont décidé de faire front commun contre ce texte qualifié «de dommageable et d’inutile.»
Une première, comme le souligne le préfet d’Entremont. «Nous réunissons tous les deux mois les présidents des communes du district et il est bien sûr arrivé souvent que ces premiers citoyens partagent une même vision sur un sujet donné. Mais là, c’est vrai que c’est la première fois que ces voisins affichent publiquement leur unanimité sur ce dossier sensible s’il en est dans un district où toutes les communes ont déjà largement passé la barre des 20% de résidences secondaires, à l’exclusion de Sembrancher. Même à Vollèges – qui n’a pas vraiment de vocation touristique. La part des résidences secondaires dépasse les 25%.»
L’initiative soumise au peuple suisse le 11 mars ferait donc peser un danger réel sur l’avenir d’un district qui a pu grandir grâce au tourisme.
Christophe Dumoulin ne manque pas de la rappeler. «L’évolution de la population en atteste. On est passé de 9'560 habitants au début des années 80 à plus de 14'000 aujourd’hui grâce au développement harmonieux de nos stations.»
Le président d’Orsières partage le même constat. «Le tourisme et la construction sont deux des principaux vecteurs de développement économique. Les retombées financières et fiscales sont vitales. Elles nous permettent d’offrir des conditions-cadre favorables, susceptibles d’aider notre jeunesse à rester dans nos villages voire à y revenir s’installer. Plus besoin de s’expatrier pour survivre!»
Jean-François Thétaz avance un autre argument contre l’initiative Weber. «La transformation de bâtiments en résidences secondaires est parfois le seul moyen de sauver et rénover le bâti existant. A l’exemple de ce qui s’est fait à Commeire.»
Par Pascal GUEX

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