Une pétition est lancée pour attirer l’attention des autorités sur les risques que la Lex Weber et d’autres lois font courir au pays.
La naissance d’une nouvelle association a été annoncée lundi soir à la presse. Son nom: «Sauvons la Suisse! Sauvons le fédéralisme!» L’idée est de trouver une parade aux multiples attaques qui s’abattent sur le Valais et sur le monde rural suisse dans son ensemble. Des personnalités connues de tous bords politiques constituent son comité. Une pétition est lancée. Elle pourrait être suivie par un référendum, voire même par une contre-initiative à la Lex Weber.
Des attaques choquantes
Me Dominique Sierro, l’ancien président du Grand Conseil, a pris la présidence de cette nouvelle association. Il explique les raisons de son engagement: «J’ai été profondément choqué par les derniers événements qui remettent en cause tout ce que j’ai fait durant ma carrière politique, notamment en tant que président du Groupement des population de montagne du Valais romand. Nous sommes en train de démolir tout ce que nous avons construit pendant des années».
Lorsqu’il évoque les derniers événements, Me Sierro pense, évidemment, à l’acceptation de l’initiative Weber. Mais pas seulement. Il évoque également les interventions parlementaires d’élus PBD qui, selon lui, vise à «déposséder les communes concédantes» de leurs ressources hydroélectriques. Il pense également à la future modification de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire qui, si elle est adoptée en l’état, provoquerait une importante diminution des zones à bâtir en Valais. Sans oublier la révision de la politique agricole mise en consultation qui priverait les futurs ouvriers-paysans valaisans de paiements directs.
Citadins contre ruralité
La question de la défense des intérêts valaisans est à la base de la démarche. Mais le combat va au-delà de la défense du seul Valais. «Les milieux économiques et environnementaux se sont mis d’accord pour développer le Plateau suisse et utiliser les Alpes comme lieu de transit pour les marchandises, prélever l’électricité et les ressources naturelles et en faire des parcs nationaux pour les citadins en mal de ruralité.» L’idée est donc d’étendre les activités de l’association à d’autres régions que le Valais.
Unité du pays menacée
Pour Me Sierro et ses amis, la situation est si grave qu’elle menace clairement l’unité du pays. L’association dénonce «le manque de clairvoyance de nos autorités fédérales qui sont aveugles aux dégâts engendrés par cette nouvelle politique qui peut conduire à un éclatement de la Suisse dans son entité territoriale.»
Pour éviter de graves dissensions à l’intérieur du pays, l’association «Sauvons la Suisse, Sauvons le fédéralisme» milite, comme son nom l’indique, pour un renforcement du fédéralisme. «Le fédéralisme, c’est le droit à la différence, la solidarité ou le respect des minorités. Les grandes villes ont pris le dessus. Si la barrière du fédéralisme disparaît, les régions périphériques disparaitront et la Suisse avec!»
Lancement d’une pétition
Concrètement, pour faire entendre ses idées, l’association lance une pétition qui s’adresse aux autorités communales, cantonales et fédérales. «Par notre signature, nous affirmons notre volonté que la Suisse redevienne un véritable Etat fédéral et que la souveraineté des cantons soit à nouveau reconnue dans certains domaines», indique le texte de la pétition. Maîtrise des concessions, gestion du territoire, fiscalité directe, à l’exception de l’impôt fédéral direct, sont cités.
Le comité espère récolter rapidement 10 000 signatures.
Référendum et initiative
La toute jeune association annonce d’ores et déjà qu’elle soutiendra un référendum contre «toute décision d’expropriation des zones à bâtir» et même une contre-initiative à la Lex Weber «au cas où la Confédération devait dépasser les engagements pris par les initiants durant la campagne électorale».
Menace
Le texte de la pétition se termine par une menace à peine voilée: «Si la Suisse, ses institutions, ses représentants et son peuple devaient refuser nos requêtes, nous demanderont aux citoyens de nos communes et cantons de se déterminer sur la suite à donner à nos relations avec la Confédération suisse».
L’ancien député PDC Dominique Sierro a pris la présidence de l’association «Sauvons la Suisse! Sauvons le fédéralisme!». Il est entouré d’un large comité, encore en cours de constitution. «Nous voulons avoir un comité pluraliste. Les affiliations politiques vont du Parti socialiste à l’UDC. Nous voulions aussi avoir un large éventail professionnel. Des contacts ont été pris avec d’éventuels membres provenant d’autres cantons ainsi que du Haut-Valais.»
Pour l’heure, Gabriel Luisier, ancien député PDC lui aussi, est chargé du secrétariat de l’association. Parmi les membres du comité, on retrouve le président d’Ayent Marco Aymon (PS), le président de Mollens Stéphane Pont (PDC), le préfet du district de Conthey Claudy Rapillard (PLR), le député-suppléant de Nendaz Beat Eggel (PDC) ou encore Jean-Dominique Cipolla, membre du comité directeur de l’UDC.
Plusieurs entrepreneurs s’engagent également, comme Philippe Dumas, Damien Bornet, Freddy Dayer, Gilles Neurohr et Jean-Michel Sarrasin.
Par Jean-Yves Gabbud

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