Le Ministère public a requis mardi matin à Sion une peine de 18 mois de prison avec sursis contre un agent immobilier pour escroquerie, abus de confiance et gestion fautive. La défense a plaidé l'acquittement.
A le voir arriver devant le Tribunal cantonal, vêtu d'un simple T-shirt rayé et d'un jeans élimé, on n'imagine pas une seconde que ce sexagénaire valaisan a brassé des millions de francs et mené un grand train de vie sur le Haut-Plateau et le Valais central.
Panoplie de toutes les cartes de crédits existantes, 10'000 francs de frais de loisirs et vacances par mois, chevaux, jusqu'à 7000 francs par mois de leasing pour véhicules, lui et sa famille ont vécu sur un grand pied avant que cet agent immobilier ne tombe lors d'une faillite retentissante en 2005.
Mardi matin, il comparaissait devant le juge Jérôme Emonet pour escroquerie, abus de confiance et gestion fautive. Le ministère public a demandé la confirmation de la peine de première instance infligée par le Tribunal de Sierre, soit 18 mois de prison avec sursis.
"Des dettes? Non."
Lorsque le juge lui demande s'il a des dettes, notamment suite à la faillite de sa société, l'accusé répond laconiquement par la négative. Son avocat, Me Stéphane Jordan, prend alors la peine de préciser que son client a délivré pour sept millions de défauts de biens... Mardi matin, le procureur Olivier Elsig a parlé "d'attitude lamentable de l'accusé qui ne reconnaît pas sa responsabilité pénale malgré les preuves irréfutables de malversations financières pour des centaines de milliers de francs."
A l'époque, indique le Ministère public, plutôt que de réduire son train de vie lorsque sa société a connu des problèmes, l'homme a multiplié les actes illégaux au détriment principalement de son financier de confiance. Il aurait manipulé et trompé des associés en affaire, instrumentalisant certaines personnes.
Et Olivier Elsig de parler de trou abyssal avec des créances pour 6,8 millions et 94 actes de défauts de bien. Parmi les reproches de l'accusation, on trouve le détournement à la fin des années 90 de 400'000 francs lors d'une opération immobilière.
Acquittement demandé
Défenseur de l'accusé, Me Stéphane Jordan a demandé son acquittement. Il ne croit pas une seconde à la naïveté du financier prétendument lésé par son client. "Les accusations de cet avocat bardé de diplômes et actif dans l'immobilier dans plusieurs pays sont infondées. Il est quelqu'un de méthodique et qui connaît parfaitement ses dossiers." Me Jordan a décortiqué les mouvements bancaires de l'accusé pour en conclure que son client a utilisé de manière conforme l'argent qu'il avait à disposition pour différentes promotions immobilières.
Aujourd'hui, l'accusé est toujours actif en Valais dans l'immobilier. Il travaille dans une agence au nom de sa fille. Et dit gagner au maximum 3000 francs par mois.
Par Gilles BERREAU

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