Les cours L2, obligatoires et coûteux après l'obtention du permis du conduire, sont contestés par les jeunes PLR.
Les jeunes libéraux-radicaux (JLR) veulent la suppression des cours obligatoires pour les nouveaux conducteurs. Ils ont lancé une pétition sur internet pour mettre fin à l'obligation de suivre ces cours de formation complémentaire, appelés L2, imposés aux jeunes conducteurs après l'obtention du permis à l'essai.
Des prix jugés excessifs
La vice-présidente des JLR valaisans, Sabrina Ianniello de Troistorrents, ancienne candidate au Conseil national, se lance dans cette bataille avec passion. "Evidemment, nous sommes pour la prévention, puisque les accidents de la route constituent la première cause de mortalité chez les 18-25 ans. Par contre, nous combattons les prix excessifs pratiqués pour ces cours obligatoires. En 2010, 90 000 conducteurs ont été astreints à l'obligation de suivre ces cours. Le coût total de la mesure s'est élevé à 54 millions de francs! C'est là une somme astronomique qui est prise dans la poche des étudiants et des apprentis."
Valais plus cher
Les prix des cours contestés ne sont pas identiques partout en Suisse. Le Valais est plus cher que ses voisins.
En Valais, au Centre technique de Saint-Maurice, il est possible de ne débourser "que" 750 francs, mais pour cela les deux cours doivent être pris ensemble et dans un délai de six mois après l'examen pratique. Plus tard, les prix s'envolent. La facture se situe entre 360 et 600 francs pour le premier cours et entre 410 et 600 francs pour le second. Le prix augmente avec le temps s'étant écoulé depuis l'examen pratique.
Les mêmes cours L2 suivis dans les cantons de Vaud, de Fribourg et de Neuchâtel sont proposés à un tarif unique de 350 francs la journée.
"Les salaires d'apprentis ne permettent pas de payer de telles sommes. C'est donc papa et maman qui passent à la caisse."
Intérêt contesté
Sabrina Ianniello conteste aussi l'intérêt de ces cours. Elle qui a le permis depuis trois ans s'en réfère à sa propre expérience. "Payer 500 francs pour être à quatre dans une voiture, accompagnés du moniteur L2, en conduisant librement le matin pendant une heure à tour de rôle et en recommençant l'après-midi en faisant attention à l'essence, dont la consommation est mesurée à l'aide d'un appareil, c'est prendre les jeunes pour de braves idiots!"
La conduite accompagnée
La jeune politicienne estime que la prévention est déjà apportée par le permis à l'essai. Le jeune conducteur est soumis à une période probatoire de trois ans, qui est prolongée d'un an en cas d'infraction.
Pour aller plus loin en termes de prévention, Sabrina Ianniello, à titre personnel, est favorable à l'introduction de la conduite accompagnée dès 16 ans, comme cela se pratique dans plusieurs pays voisins, dont la France. "Dans ce pays, selon les chiffres de l'OCDE, les jeunes formés dans le cadre de l'apprentissage anticipé de la conduite ont 4 à 5 fois moins d'accidents. En Allemagne, cette mesure a été introduite à titre d'essai. Le nombre d'accidents a diminué de 22%. Suite à cette bonne expérience, la possibilité de cette formation anticipée a été introduite en 2010. Je suis favorable à cette mesure, parce qu'elle permet aux jeunes d'avoir plus d'expérience, sans que cela coûte plus cher."
Par Jean-Yves GABBUD

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