La décision d'Israël de bâtir de nouveaux logements à Jérusalem-est «sape» la tenue de pourparlers indirects israélo-palestiniens, a estimé hier la diplomate en chef de l'Union européenne Cathe-rine Ashton. Sourd aux appels du monde, le premier ministre israélien Benjamin Neta-nyahu a justifié l'intention de son pays.
Catherine Ashton s'exprimait au siège de la Ligue arabe au Caire. Elle a rappelé la position de l'Union européenne sur les colonies: elles «sont illégales, elles constituent un obstacle à la paix et menacent de rendre impossible une solution à deux Etats», a-t-elle déclaré. «La paix est nécessaire, elle est urgente et réalisable. Je suis ici pour que l'Union européenne pèse de tout son poids afin de réaliser cet objectif», a poursuivi la cheffe de la diplomatie européenne, qui a entamé dimanche une tournée au Proche-Orient. Peu après, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que la construction allait continuer à Jérusalem.
«Durant ces quarante dernières années, aucun gouvernement israélien n'a limité les constructions dans les environs de Jérusalem», a-t-il déclaré dans un discours devant le parlement israélien, évoquant des secteurs occupés par Israël en juin 1967 et ensuite annexés à la ville sainte.
Pour le chef du gouvernement israélien, il y a un consensus parmi les partis politiques nationaux pour considérer ces zones comme faisant partie intégrante de l'Etat juif. Les Etats-Unis ont proposé de lancer des pourparlers indirects entre Israéliens et Palestiniens, leurs efforts pour relancer des négociations directes ayant jusqu'à présent échoué. Les Palestiniens et la Ligue arabe avaient donné leur accord à l'option indirecte, avant de revenir sur cette position après l'annonce par Israël de la construction de 1600 logements à Jérusalem-est. Hier, la présidence de l'Autorité palestinienne a réaffirmé qu'il n'y aurait pas de négociations tant que la colonisation israélienne se poursuivra.
L'annonce d'Israël est intervenue mardi dernier, alors même que le vice-président américain Joe Biden était en visite sur place. Elle a suscité des tensions sans précédent depuis 35 ans entre les deux pays, selon l'ambassadeur israélien à Washington, Michael Oren. /ats-afp
Source: L'Express/L'Impartial

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