Statuts, comité, budget... Demain, au Noirmont, le projet de canton de l'Arc jurassien franchira une étape formelle avec la création d'une association. Qui soutient ce projet? Dans quel but? Les réponses de Laurent Kurth, membre de l'actuel «groupe d'initiative».
Dans quelques années, dira-t-on que l'origine formelle du canton de l'Arc jurassien date du samedi 5 février 2011? C'est en effet demain, au Noirmont, que naîtra officiellement l'Association pour un canton de l'Arc jurassien. Son objectif à court terme étant «de mettre l'Arc jurassien en mouvement». Qui pilote l'opération? Six personnes composent un actuel «groupe d'initiative», parmi lesquelles Laurent Kurth, membre à titre personnel, et par ailleurs conseiller communal à La Chaux-de-Fonds. Il répond à nos questions.
Comment est né ce groupe d'initiative?
Si l'on compare notre démarche à une construction, la naissance de l'association, samedi, peut être considérée comme le troisième étage. La toute première initiative, il y a bientôt deux ans, et dont je n'étais pas, a été lancée par un petit groupe exclusivement socialiste. Le deuxième étage, qui se voulait dépolitisé, a pris la forme d'un manifeste signé par une septantaine de personnes issues de tous les partis politiques, mais aussi des milieux économiques, culturels, associatifs, académiques ou encore sociaux. L'association qui sera fondée samedi sera tout aussi libre, publique et ouverte à tous. Le comité devrait quant à lui être coprésidé par trois personnes issues de Neuchâtel, du Jura et du Jura bernois.
Le Chaux-de-Fonnier que vous êtes, proche géographiquement et «culturellement» de Saint-Imier ou du Noirmont, est-il plus sensible à la problématique «Arc jurassien» qu'un Neuchâtelois du Bas?
Oui et non. Bien sûr, si l'on s'en réfère aux paysages ou à l'horlogerie, les habitants des Montagnes se sentent sans doute davantage Jurassiens que ceux du Littoral. Mais la proximité économique, sociale et culturelle, au sens large du terme, va bien au-delà des paysages... Et surtout, tout dépend des critères pris en considération. Prenez les transports: la liaison en train entre Neuchâtel et Delémont est bien meilleure qu'entre La Chaux-de-Fonds et Delémont... Vous le voyez, la notion de proximité est bien plus vaste qu'il n'y paraît.
Que répondent les promoteurs d'un canton de l'Arc jurassien à ceux qui disent que ce n'est pas en regroupant trois petites régions périphériques en difficulté sur le plan économique qu'on va créer un canton fort?
Nous sommes ici au coeur du débat. Nous faisons l'analyse suivante: l'Arc jurassien a la chance énorme de se trouver entre trois pôles forts, Bâle, Berne et l'Arc lémanique. Notre objectif, ce n'est pas d'en créer un quatrième pour rivaliser avec les trois autres. Ce serait ridicule. Non, l'idée, c'est de créer une entité qui soit à même de discuter avec eux, d'en être un partenaire sérieux et organisé, plutôt que d'en être réduits au rôle de satellites. Prenons un exemple, celui du secteur hospitalier: un canton de l'Arc jurassien, avec 300 000 habitants, intéressera davantage les hôpitaux universitaires que les trois fois quelques milliers de patients actuels... D'une manière générale, il s'agit donc de valoriser et de donner davantage de poids aux deux Juras et à Neuchâtel. /PHO
Assemblée constitutive demain à 10h au cinéma du Noirmont. Site internet: www.canton-arc.ch
Accord de principe
Près de 60% des habitants des cantons de
Neuchâtel et du Jura, ainsi que du Jura bernois, se disent «tout à fait
favorables» ou «assez favorables» à la création d'un canton de l'Arc
jurassien (sondage effectué auprès de 1000 personnes, notre édition du
28 janvier 2010).
Source: L'Express/L'Impartial

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