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19.08.2012, 10:22 - Suisse
Actualisé le 19.08.12, 10:27

Pénurie d'enseignants jugulée, pour l'instant

La pénurie d'enseignants concernent surtout le niveau secondaire.
Crédit: KEYSTONE

La plupart des cantons romands ont résorbé, non sans difficulté, la pénurie d'enseignants au moment de la rentrée des classes. Mais la situation reste compliquée et indécise pour l'avenir.

A l'heure de la rentrée des classes, dans une dizaine de cantons dès lundi, les écoles romandes ont résorbé la pénurie d'enseignants. Les postes vacants ont été pourvus, au prix de recherches intensifiées parfois. L'inquiétude reste de mise pour la suite.

Les cantons ont eu recours à diverses mesures pour pourvoir l'ensemble des postes. Certaines ont déjà fait leurs preuves comme des classes menées en duo, d'autres viennent d'être introduites.

Ainsi à Fribourg, 35 étudiants de la Haute école pédagogique de 2e et 3e années dispenseront deux leçons par semaine en collaboration avec un enseignant au bénéfice d'une décharge en raison de l'âge. De plus, 15 classes - enfantines et primaires - seront composées d'un enseignant diplômé et d'un autre bénéficiant d'une formation parallèle (master ou bachelor en sciences de l'éducation ou formation HEP non achevée par exemple).

Au cycle d'orientation, le manque d'enseignants qualifiés persiste, en particulier dans la partie francophone, dans les domaines des langues étrangères, de l'économie familiale et des activités manuelles. Là aussi, des nouveaux diplômés du degré secondaire supérieur ainsi que des étudiants en fin de formation renforceront les effectifs. Les non-diplômés sont engagés pour une durée limitée, précise la Direction fribourgeoise de l'instruction publique.

En Valais, c'est la partie alémanique qui connaît une pénurie. Et ce, depuis trois ans au niveau du collège uniquement. Pour pallier ce manque, le canton a adopté un concept de mise à niveau pour les enseignants primaires qui souhaitent enseigner au cycle d'orientation.

Toujours plus de retraités

Côté jurassien, on a également engagé des enseignants qui ne sont pas au bénéfice de tous les titres, note Daniel Brosy, chef du Service de l'enseignement. La cinquantaine de postes sur les 700 à temps plein a été pourvue. Non sans difficulté.

Dans le Jura, les départs à la retraite sont toujours plus nombreux. Et la tendance ira croissante. Plus de 40% du corps enseignant est âgé de plus 50 ans. Même souci à Neuchâtel. "Les départs à la retraite, ainsi que les retraites anticipées accélèrent la rotation du corps enseignant", indique Jean-Claude Marguet, chef de l'enseignement obligatoire.

Un groupe de travail dans l'espace BEJUNE (Berne, Jura, Neuchâtel) a été constitué au vu du manque de professeurs qui se profile à nouveau à l'horizon 2014/2015, relève Daniel Brosy. Des propositions seront formulées pour parer à la situation.

Pas de signaux d'alarme émis en revanche dans le canton de Vaud. Ce dernier n'a jamais fait face à une insuffisance, mais à des difficultés pour certaines branches - pour l'allemand par exemple, souligne Michael Fiaux, délégué à la communication du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

Au bout du lac Léman, le canton de Genève ne dévoile aucun chiffre pour l'instant. Il tiendra sa traditionnelle conférence de presse de la rentrée des classes jeudi prochain.

Les autorités alémaniques soucieuses

Gros souci des années précédentes, le manque d'enseignants a pu être comblé dans la plupart des cantons alémaniques. Cela ne suffit pas à rassurer les autorités sur le long terme et la situation reste préoccupante dans certains secteurs.

Selon une enquête menée en juin par la Fédération suisse des directeurs et directrices d'école, la recherche de maîtres et maîtresses d'école enfantine demeure problématique, de même que celle d'enseignants pour le niveau secondaire I, soit le collège. La situation est même dramatique s'agissant de la pédagogie spécialisée.

Voilà pour le négatif. Mais, par rapport aux années précédentes, les directeurs ont trouvé des solutions aux difficiles recherches d'enseignants à l'aube de chaque rentrée scolaire, ainsi que l'ont témoigné à l'ats les responsables scolaires des cantons de Zurich, Berne ou Argovie.

Des mesures qui portent leurs fruits

Le manque a pu être comblé par la récente possibilité d'enseigner donnée aux étudiants de dernière année de Haute école pédagogique, ainsi qu'à celle offerte à des adultes de changer de profession en leur facilitant l'accès à la formation d'enseignants. Les écoles alémaniques peuvent en outre compter sur le réservoir d'enseignants allemands et autrichiens.

Un relèvement des salaires et un allégement de la charge de travail comme l'a fait le canton d'Argovie sont également des mesures qui ont porté leurs fruits. Cette évolution positive permet certes au président central de la faîtière des enseignants suisses, Beat Zemp, de respirer, mais elle ne le rassure pas à terme.

Quantité et... qualité

Près de 30'000 enseignants atteindront l'âge de la retraite dans les dix prochaines années, a-t-il dit à l'ats. Les solutions évoquées ci-dessus ne suffiront pas.

Il faudra absolument que des jeunes aient la vocation et se lancent dans les formations des Hautes écoles pédagogiques, affirme M.Zemp. Cela d'autant plus que, selon l'Office fédéral de la statistique, le nombre d'écoliers ne devrait cesser de croître, entre 5% et 13% selon les cantons.

Autre souci du président central, la qualité des enseignants. Dans de nombreux cas, le profil des postulants ne correspond pas aux exigences de l'école, déclare M. Zemp. Mais souvent les directeurs d'écoles n'ont pas de véritable choix, relève Martin Wendelspiess, le chef de l'école publique zurichoise.

Source: ATS



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