Le conseiller d'Etat genevois, Mark Muller a reconnu ses torts dans l'altercation qui l'opposait à un barman.
A Genève, Mark Muller et le barman du Moulin à Danses (MàD) sont arrivés à un accord. Reconnaissant l'avoir unilatéralement agressé dans la nuit de la St-Sylvestre, le conseiller d'Etat lui a présenté ses excuses et l'a indemnisé. Les plaintes pénales ont été retirées.
"Mark Muller a reconnu au barman du MàD son statut de victime", ont indiqué mercredi dans un communiqué commun Alec Reymond et Roland Burkhard, respectivement avocats du conseiller d'Etat libéral-radical et de l'employé de la discothèque. En outre, "ses excuses ont été acceptées" par le barman, qui "a reçu une réparation à raison des frais qu'il a encourus."
Selon ce communiqué, M. Muller "a expliqué s'être laissé aller à un excès de colère regrettable et avoir brusquement et unilatéralement fondu sur le barman". Jusqu'à présent, le magistrat défendait la thèse d'une empoignade virile entre les deux après avoir appris que son amie, chargée de communication au MàD, avait été frappée et agressée. Des informations qui se sont avérées fausses, précise le communiqué.
Mis à mal
Pour les avocats, le retrait des plaintes marque la fin définitive du litige. Donnant suite à la plainte pénale du barman datée du 4 janvier, le procureur général Daniel Zappelli avait annoncé l'ouverture d'une instruction contre Mark Muller, qui avait aussi déposé plainte pour injures et voies de faits le 12 janvier. Il devait entendre les parties et témoins jeudi.
Cette affaire a mis à mal Mark Muller, déjà fragilisé par plusieurs controverses. En charge du relogement du MàD, le chef du Département des constructions et des technologies de l'information (DCTI) s'est ensuite vu retirer ce dossier par le gouvernement. Fait historique, les milieux de l'immobiliers genevois ont volé à son secours fin janvier, louant son action politique.
Versions proches
Le comportement privé de l'élu a aussi porté atteinte au PLR. "Le plus important est que Mark Muller a pris conscience de ce qu'il a fait. Il a démontré sa maturité d'esprit", estime le président du PLR genevois Alain-Dominique Mauris, interrogé par l'ats. Pour lui, le retrait des plaintes permet au magistrat de reprendre son activité politique et de mener à bien les dossiers.
Car c'est sur cette base que le parti trouvera opportun, ou pas, que Mark Muller se représente lors des élections cantonales de 2013. "Aujourd'hui, il a toute notre confiance", précise M. Mauris.
Quant au Conseil d'Etat, il a été averti mercredi matin, lors de sa séance hebdomadaire, par Mark Muller de l'accord conclu avec le barman. "J'en prend acte. Les termes du communiqué sont très proches de ce qu'il nous avait dit", a indiqué à l'ats le président du gouvernement Pierre-François Unger. Et d'ajouter qu'il n'y a aucune raison de priver le magistrat de dossiers.
Aveu implicite de mensonge
Reste que cette issue ne satisfait pas les Verts, premier parti à réagir. A leurs yeux, l'aveu implicite de mensonge, qui plus est public, que représentent les excuses de Mark Muller est grave. "S'il était membre de notre parti, nous lui demanderions de démissionner", a précisé Emilie Flamand, vice-présidente des Verts.
Le parti socialiste genevois déplore de son côté que l'accord entre le magistrat et le barman "empêchera la justice de faire la lumière sur les responsabilités dans cette affaire". Il souligne que Mark Muller a dissimulé la vérité aux électeurs et au Conseil d'Etat en admettant avoir agressé unilatéralement l'employé du dancing.
Le PLR genevois est satisfait de l'accord dans le litige judiciaire qui a opposé son conseiller d'Etat Mark Muller et un barman du Moulin à Danses. Pour son président Alain-Dominique Mauris, "le plus important est que M. Muller a pris conscience de ce qu'il a fait."
"Si la victime l'excuse, nous pouvons aussi l'excuser. Mark Muller a démontré sa maturité d'esprit", a indiqué mercredi Alain-Dominique Mauris, interrogé par l'ats. Et de rappeler que le Parti libéral-radical a demandé au magistrat de prendre ses responsabilités, à savoir de trouver la meilleure solution possible dans cette affaire qu'il considère comme privée.
Sur le fond, M. Mauris estime que la version des faits communiquée mercredi ne diffère pas de ce que M. Muller a expliqué. "Il reconnaît s'être laissé aller à un excès de colère sur la base d'informations fausses de la chargée de communication. A ce stade, son attitude est excusable", relève-t-il.
Reste que le comportement de l'élu a porté atteinte au PLR. Pour son président, le retrait des plaintes permet à Mark Muller de reprendre son activité politique et de mener à bien les dossiers. C'est sur cette base que le parti trouvera opportun, ou pas, qu'il se représente aux élections cantonales de 2013. "Aujourd'hui, Mark Muller a toute notre confiance", précise Alain-Dominique Mauris.
Par ats

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