19.10.2012, 13:15 - Suisse
Actualisé le 19.10.12, 13:17
Des Tibétains de Suisse manifestent à Genève
Droits humains
La Communauté tibétaine de Suisse a lancé l'an dernier une campagne destinée à obtenir l'envoi par l'ONU d'une commission d'enquête au Tibet, jusqu'ici sans succès.
Crédit: KEYSTONE (archives)
Près d'une centaine de Tibétains de Suisse ont manifesté vendredi à Genève, sur la place des Nations, pour dénoncer le "génocide culturel" au Tibet.
Des Tibétains ont demandé vendredi à l'ONU d'agir et d'envoyer au Tibet une commission d'enquête indépendante.
Les manifestants sont restés assis sur la place, devant le siège européen de l'ONU, brandissant des drapeaux tibétains et des banderoles demandant aux Nations Unies d'"agir maintenant".
Dans un tract, la Communauté tibétaine de Suisse et du Liechtenstein a affirmé que "plusieurs mesures du gouvernement chinois qui, au premier abord, semblent appliquées pour le développement économique ou la protection de l'environnement, détruisent en réalité l'unique culture tibétaine".
Immigration et sédentarisation forcée
Le document dénonce "l'immigration massive de travailleurs chinois, encore accélérée depuis la mise en service de la ligne ferroviaire jusqu'à Lhassa" ainsi que "la sédentarisation forcée des nomades".
"Celle-ci est officiellement justifiée par des soi-disant surpâturages et a pour but le contrôle politique de ces populations, qui perdent leur moyen de subsistance et sombrent dans le chômage et le désespoir", selon la Communauté tibétaine de Suisse.
Le document affirme que les deux millions de nomades tibétains seront tous sédentarisés d'ici 2013.
Vitrine pour touristes
"L'exercice de la religion tibétaine est de plus en plus menacé", dénonce également le texte. De nombreux monastères ont été fermés après la vague d'immolations qui a lieu depuis 18 mois.
D'autres monastères ont été abandonnés faute de pouvoir poursuivre l'enseignement religieux "à cause d'une perpétuelle pression de la part des autorités et des forces de sécurité", selon les Tibétains exilés en Suisse.
"Dans la plupart des monastères, où la pratique religieuse n'a pas été complètement paralysée, une administration laïque contrôle tout et transforme ces lieux en une vitrine pour touristes", ajoutent-ils.
Arrestations
Récemment, de nombreux Tibétains qui adhérent au mouvement "Lhakar" ont été interpellés, selon les manifestants. Le "Lhakar" ou le "Mercredi Blanc" est un mouvement libre qui prône de parler seulement le Tibétain, de porter des habits tibétains traditionnels et de manger des plats tibétains tous les mercredis.
La décision d'imposer le Mandarin comme langue principale d'enseignement dans les écoles du Qinghai contribue à marginaliser la langue tibétaine.
La Communauté tibétaine de Suisse a lancé l'an dernier une campagne destinée à obtenir l'envoi par l'ONU d'une commission d'enquête au Tibet, jusqu'ici sans succès.
Source: ATS
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