Très rapidement menée à la marque, l'équipe valaisanne n'a jamais trouvé la solution pour arracher son billet de finaliste. Elle abandonne la coupe conquise la saison dernière.
Sion ne jouera pas sa treizième finale de coupe de Suisse cette année. Une réussite de Winter dans les premières minutes de jeu de la demi-finale disputée à Tourbillon contre Lucerne le prive du voyage (0-1). Le vainqueur de l'édition précédente abandonne son trophée à l'avant-dernière étape de la route qui conduit à Berne. Une issue logique au vu de la prestation sédunoise hier, mais amère puisqu'elle naît du premier revers concédé en huit matches.
La formation de Laurent Roussey a payé comptant son manque de percussion offensive. Aussi forte tête soit-il, Vanczak ne peut jouer les sauveurs éternels. Et sans une reprise providentielle de son défenseur volant, Sion manque cruellement d'arguments offensifs pour orienter positivement une rencontre. Le tenant de la coupe a couru après son handicap durant plus de quatre-vingt cinq minutes, temps additionnel compris, sans donner l'impression de pouvoir renverser le cours de la mauvaise histoire. "Nous n'avons pas été à l'heure au rendez-vous. Et quand vous êtes en retard, il est très compliqué de revenir ensuite. L'engagement exprimé durant la période initiale n'était pas du tout celui que l'on souhaitait" , déplore Roussey.
La réorganisation du système défensif avec un dispositif à trois éléments durant la demi-heure initiale a-t-elle endormi la vigilance de la formation valaisanne? En trente-trois minutes de jeu, Lucerne s'est créé plus d'occasions que les derniers visiteurs de Tourbillon en championnat réunis. La première se termine au fond des filets valaisans. Winter surgit dans le dos d'une arrière-garde figée où personne ne se préoccupe de la course de l'attaquant lucernois. Le tir file entre Vanins et le montant gauche (7e).
Le scénario s'était déjà produit lors du premier tour avec un but tombé après cinq minutes de jeu. Le même Winter centre en toute liberté pour Lustenberger, isolé et ignoré dans l'axe devant le but de Vanins. La reprise effleure le cadre des buts valaisans (22e). Une intervention salvatrice d'Adailton contre un essai du remuant Winter (33e). L'efficacité et la présence de l'attaquant lucernois soulignent la discrétion de la paire sédunoise composée de Danilo et de Ianu. Le Brésilien offre un ballon au premier poteau pour Obradovic dont l'essai manque la cible (6e). Puis silence radio. Ou presque. Sion peine à développer son jeu face au bloc lucernois, compact, bien ancré dans ses certitudes et terriblement efficace pour contrer le jeu de son adversaire.
Laurent Roussey tente de donner l'impulsion depuis le banc de touche. Crettenand relaie Ianu, Obradovic se pointe au côté de Danilo. Le changement ne modifie pas les données sur le terrain où Sion cherche ses marques et son inspiration. Pas de débordement, pas de prise de risques, pas de dribbles. La banderille la plus dangereuse avant l'heure de jeu naît des initiatives de Vanczak et de Bühler, les deux défenseurs latéraux. Un centre du premier, une demi-volée du second qui expédie le ballon à quelques centimètres du cadre lucernois (62e). Ce petit retour de flamme entraîne une deuxième flambée lorsque Yoda démarque Rodrigo dans la surface de réparation. La reprise du milieu de terrain est directe, le ballon ne secoue que le filet extérieur (74e).
Fin des occasions et des émotions à l'entame d'un dernier quart d'heure au format pathétique. Sion n'a plus ni ressources physiques, ni mentales pour bousculer Lucerne qui termine le match sans vivre d'autres périls. La treizième demi-finale de coupe de Suisse disputée à Tourbillon est fatale pour Sion. Le mauvais sort n'en porte aucune responsabilité, celle de l'équipe valaisanne est beaucoup plus engagée.
Laurent Roussey ne digère pas le but de Winter qui propulse Lucerne en finale de coupe de Suisse aux dépens de Sion. "Nous nous attendions à être attaqués de cette manière, nous avions étudié et préparé ces actions plein axe. Nous nous renforçons dans ce secteur avec trois défenseurs pour le verrouiller et la première offensive se termine au fond des filets" , regrette le technicien français. La modification de l'alignement défensif redonne une assise supérieure à son groupe dès la demi-heure. "Nous avions aussi besoin d'aller les chercher plus haut." Il ne s'étale pas sur la comparaison entre l'efficacité du buteur lucernois, mobile et constamment dangereux, et la discrétion de ses éléments offensifs devant le but de Zibung. Blessé et inapte à jouer la veille, Karim Yoda se déclare à disposition quelques heures avant le coup d'envoi de cette demi-finale. Son entrée prouve le contraire. L'incisif attaquant des dernières semaines s'efface derrière un joueur qui adopte la même cadence que ses prédécesseurs sur le terrain. "Nous livrons un non match par rapport à la performance attendue" , enchaîne Roussey. "Nous essuyons un très gros échec. Laissez-moi d'abord une nuit pour l'affronter avant de parler des répercussions potentielles sur le championnat où nous courons toujours après l'objectif d'échapper aux barrages. Il faudra réagir dès dimanche à Genève. J'espère avoir affaire à des champions. L'un des objectifs de la saison nous échappe. Nous verrons qui a du caractère et de l'abnégation." Un journaliste sollicite sa présence pour une interview le lendemain (ndlr: aujourd'hui). "Je serai là. Je réponds présent dans les moments positifs, je ne fuirai pas après une défaite. Aussi douloureuse soit-elle." SF
Tourbillon: 12 000 spectateurs.
Arbitre: Studer.
But: 8e Winter 0-1.
Sion: Vanins; Sauthier (55e Yoda), Adailton, Dingsdag, Vanczak, Bühler; Rodrigo, Serey Die; Obradovic (80e Tréand); Ianu (40e Crettenand), Danilo.
Lucerne: Zibung; Sarr, Wiss, Puljic, Renggli, Lustenberger; Hochstrasser, Ohayon (46e Ferreira), Kukeli, Winter (91e Bühler); Lezcano (74e Thiesson).
Notes: Sion sans Mrdja ni Basha (blessés), Lucerne sans Stahel, Sorgic, Bento ni Shalaj (blessés). Avertissements: 9e Adailton. 12e Ohayon. 19e Sauthier. 57e Bühler.
Hier, le choc entre le FC Sion et le FC Lucerne a débuté bien avant le coup d'envoi. Aux aurores, les fans des rouge et blanc ont en effet découvert qu'un grand drapeau lucernois trônait au pied du château de Tourbillon. Drapeau qui a été rapidement enlevé. A quelques kilomètres de là, la guerre psychologique a continué puisqu'une banderole au message insultant "Sion merde allez" a été accrochée sur la galerie de l'autoroute du côté de la sortie Sion est. A nouveau, l'objet provocateur des Lucernois a été enlevé par les Sédunois. DV
Par STEPHANE FOURNIER

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