Le lanceur de torche revient sur les circonstances de cet incident. Il s'excuse.
"Je m'excuse sincèrement pour mon geste. Je ne voulais blesser personne, ni créer des problèmes au FC Sion. J'assumerai toute(s) sanction(s)" , c'est par ces mots que E.*, 26 ans, regrette son lancer de torche sur la pelouse de Tourbillon lors de la rencontre Sion - Saint-Gall il y a une semaine. Sans chercher à se dédouaner de sa bêtise, le jeune Valaisan, fortement alcoolisé au moment des faits (ndlr.: 2.6 pour mille!), explique les circonstances qui l'ont conduit à ce geste des plus maladroits et inappropriés. "J'avais déjà bien bu la veille et j'ai remis cela le jour du match. Pour moi, une rencontre à Tourbillon, c'est l'occasion de rencontrer des gens, de faire la fête et de chanter pour ce club que je supporte depuis mon enfance."
Peu avant la rencontre, E., qui ne fait partie d'aucun groupe de supporters officiel du FC Sion, a reconnu avoir facilement pu se procurer une torche aux alentours du gradin nord. "Je me suis dit pourquoi pas, je me suis procuré un fumigène auprès d'une personne que je ne connaissais pas, mais qui en distribuait. Je n'ai pas réfléchi sur le moment." Un fumigène qu'il glisse dans son caleçon pour éviter tout problème lors de la fouille à l'entrée du stade. "La sécurité n'a pas le droit de toucher à cet endroit, c'est alors facile de faire entrer des engins pyrotechniques dans l'enceinte du stade" , avoue le Sédunois.
E. avait déjà été interdit de stade pour une année en juillet 2011 à Neuchâtel où il fut dénoncé comme émeutier sans véritablement y avoir participé, de son propre aveu. Il est alors resté pendant une année tranquillement hors des stades. Pourtant, à aucun moment samedi dernier, E. ne semblait préoccupé par son passé: "L'alcool m'a rendu vulnérable. A la 75e minute, j'ai vu les Saint-Gallois allumer leurs torches. J'ai pensé alors qu'il était le bon moment pour enflammer la mienne. Après le déclenchement de l'engin, j'étais à découvert et j'ai immédiatement pensé à mon interdiction de stade. J'ai alors décidé de m'en débarrasser, mais non sur le public plus bas que moi, mais un peu plus loin, sur le bord de pelouse alors que le jeu se déroulait de l'autre côté du terrain. Malheureusement, sous le stress, ce fumigène est parti beaucoup trop loin, dans une mauvaise direction." La torche frôle alors la tête du gardien saint- gallois Lopar. "Je ne voulais en aucun cas le toucher ou le blesser."
Le gradin nord devient en ébullition, E. se fait recommander de quitter la tribune des supporters valaisans alors qu'une bagarre éclate. Il retourne à la buvette boire quelques bières en attendant la fin du match avant de se faire appréhender par les forces de l'ordre. "Un ami m'a dit que l'on m'avait dénoncé, reconnu sur les image vidéo et que la police s'était rendue à mon domicile. J'ai alors décidé de me rendre et de coopérer."
Le Valaisan a été interrogé à deux reprises par la police, il est dans l'attente du jugement qui devrait le voir interdit de stade pendant plusieurs années et écoper d'une amende salée voire d'une peine de prison.
"J'assumerai totalement" , reconnaît-il. "C'était un geste stupide qui n'a rien à faire aux abords des terrains de football. Je m'excuse auprès de M. Constantin, de M. Lopar et des supporters du club valaisan. Je sais très bien que ce geste peut coûter très cher au FC Sion."
*nom connu de la rédaction
Suite à cet incident, la commission d'enquête de la Ligue a ouvert une enquête. Un rapport et d'éventuelles sanctions devraient être transmis au FC Sion au milieu de la semaine prochaine. Le panel des sanctions dans ce genre de cas s'étend à des amendes à cinq chiffres au minimum jusqu'à l'obligation de devoir jouer un voire plusieurs matches à huis clos.
Pour Dominique Massimo, directeur général du club valaisan, la pose d'un filet de protection devient nécessaire au plus vite: "Au début de saison, la Swiss Football League avait réclamé à la commune de Sion qu'elle installe un filet de protection devant le gradins nord et le secteur visiteur. Toutefois, l'installation a été reportée à cet hiver à la demande de la ville. Mais les incidents du week-end dernier démontrent qu'il est urgent de poser ce filet. Cela pourrait même se faire dès la trêve internationale du mois d'octobre." JT
Par JOHAN TACHET

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