30.07.2012, 12:34 - Société-Santé
Actualisé le 30.07.12, 13:07
Le test prénatal de la trisomie 21 bientôt en Suisse
Santé
Ce test est en attente d'un certificat de conformité pour l'espace européen.
Crédit: KEYSTONE
Le test de dépistage prénatal de la trisomie 21 devrait bientôt être disponible en Suisse.
Le Praenatest commercialisé par la firme Lifecodexx permettra sur une simple prise de sang de dépister le syndrome de Down. Mais cette avancée suscite de grosses craintes chez les associations des handicapés.
Ce test doit recevoir un certificat de conformité pour l'espace européen, un feu vert encore attendu, selon Lifecodexx.
La firme, dont le siège est en Allemagne, souhaite commercialiser ce produit en Suisse, en Allemagne et en Autriche. Elle décrit la procédure comme "une alternative sans risques à des méthodes communes invasives telle l'amniocentèse".
Une fois autorisée, la commercialisation du Praenatest sera également possible en Suisse, a indiqué lundi Petra Dörr, porte-parole de l'Institut des produits thérapeutiques Swissmedic. Elle confirmait une information de la "NZZ am Sonntag".
Ce test, qui dépend de l'ordonnance fédérale sur les dispositifs médicaux et diagnostics et non de celle sur les médicaments, n'a en effet besoin que d'un certificat de conformité déclaré pour l'espace européen.
Swissmedic n'est donc pas habilité à donner une autorisation. Son rôle se limitera à examiner la qualité du produit une fois qu'il sera sur le marché, a précisé Petra Dörr.
Des questions au sein des associations
Mais l'arrivée de ce test ne plaît pas du tout aux associations représentant les handicapés. Insieme, la Fédération de parents de personnes mentalement handicapées, craint une augmentation de la pression sociale en faveur de l'avortement.
Le test Praenatest ne devrait être utilisé que lors de grossesse à risque et ne pas devenir un examen de routine, plaide la fédération sur son site internet. Elle redoute en outre que la situation des personnes porteuses de trisomie 21 n'en souffre également.
Procap se demande ainsi si les assurances continueront de soutenir les parents qui auront fait le choix délibéré de vivre malgré un test positif avec un enfant avec un handicap. Une question d'autant plus difficile si les caisses finissent par imposer le test de dépistage.
Action à Strasbourg
C'est dans ce même esprit qu'une trentaine d'associations de défense des handicapés issues de 16 pays a interpellé en juin dernier la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour ne pas reconnaître le droit au dépistage prénatal de la trisomie.
Cette politique de dépistage intensif se conclut par un avortement dans la quasi totalité des cas où le foetus est diagnostiqué trisomique, relèvent-elles.
La liberté de choix des parents de garder ou non leur enfant trisomique est "menacée par une politique eugénique", avait déclaré à Strasbourg le Français Jean-Marie Le Mené, président de la Fondation Jérôme Lejeune - qui soutient la recherche sur la trisomie.
Source: ATS
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