"Nous sommes confrontés à une urgence planétaire et bien peu de gens le reconnaisse", a-t-il ajouté en plénière lors de la conférence réunissant cette année quelque 8'000 chercheurs à Vancouver, métropole de l'ouest canadien.
"Il faut convaincre la population de croire à la science à une époque où un nombre perturbant de gens n'y croient pas", a renchéri Andrew Petter, co-organisateur de l'événement et président de l'université Simon Fraser, à Vancouver.
Nombreux obstacles
Censure, opposition à l'enseignement de la théorie de l'évolution par des organisations religieuses américaines, scepticisme à l'égard du réchauffement climatique, déclin de la qualité de l'enseignement des sciences: le savoir est encore aujourd'hui confronté à de nombreux obstacles.
"Il y a de moins en moins de gens chaque année qui 'croient' au changement climatique" aux Etats-Unis, première puissance mondiale, a déploré Nina Fedoroff, présidente de l'AAAS. La question de la communication ou non de résultats de recherche sur une forme mutante du virus de la grippe aviaire - qui peut se transmettre aux humains - a d'ailleurs été au coeur de vifs débats lors du congrès.
En novembre, le Bureau national américain de la science pour la biosécurité (NSABB) avait demandé aux grandes revues spécialisées "Science" et "Nature" qu'une partie des résultats de la recherche sur le virus H5N1 ne soit pas publiée, évoquant un risque potentiel de biosécurité. Si la grippe aviaire causée par le virus H5N1 se transmet essentiellement entre volatiles, elle peut également toucher l'homme et est alors à 60% mortelle.
"Je ne suis pas en faveur d'un arrêt de la science. Plus nous en savons, mieux nous sommes préparés pour faire face à des imprévus", a déclaré lors du congrès Mme Fedoroff, avant que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne prolonge le gel des travaux sur le développement d'un virus mutant dangereux de la grippe aviaire.























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