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18.04.2013, 00:01 - Santé
Actualisé le 18.04.13, 06:57

La menace vient de la nature

La berce du Caucase, une allure innocente pour un piège dangereux. DR
La berce du Caucase, une allure innocente pour un piège dangereux. DR

Apprendre à les reconnaître pour mieux les combattre.

Une promenade en nature a parfois des conséquences inattendues. Que ce soit le pollen de l'ambroisie ou le contacte de la berce du Caucase, des allergies peuvent frapper ceux qui ne se méfient pas de ces plantes envahissantes venues d'ailleurs. Qui à l'image des écrevisses américaines colonisant nos cours d'eau au détriment des espèces locales perturbent l'équilibre de nos biotopes.

"L'ambroisie vient d'Amérique du Nord. Elle a probablement été introduite en Europe il y a 150 ans avec des semences de céréales et de trèfles."

Mme Michèle Burgener, biologiste au Service des forêts et du paysage du canton du Valais tire une fois de plus la sonnette d'alarme.

L'ambroisie

"En Suisse l'arrivée de l'ambroisie s'est faite en partie par l'intermédiaire des mélanges de graines pour oiseaux". Heureusement, depuis 2005 les mélanges de graines d'ambroisie sont contrôlés. "Depuis 1999 on assiste à une très forte expansion de l'espèce en particulier dans les cantons de Genève et du Tessin et depuis peu dans le canton de Vaud et en Valais".

Cette plante préfère les sols chauds et secs, riches en nutriment et peu végétalisés comme les talus, les plates-bandes, les décombres, les bords de route ou les gravières jusqu'à 1600 mètres d'altitude.

Comment reconnaître l'ambroisie? Elle est très découpée, vertes sur les deux faces et à nervures blanchâtres opposées à la base de la plante et alternes dans la partie supérieure.

La berce du Caucase

"La berce du Caucase est arrivée en Europe au début du XXe siècle car elle plaisait comme plante ornementale et était très appréciée des apiculteurs pour ses grandes capacités mellifères."

C'est une plante de 2 à 4 mètres de haut avec des fleurs blanches en ombrelles, la tige est creuse et parsemée de rouge. "Pour la neutraliser, on doit la couper jusqu'à 15 centimètres dans le sol et la faire incinérer. Il faut des gants, des lunettes de protection pour l'arracher". La berce du Caucase est présente en plaine comme en montagne où elle a été observée jusqu'à 2000 mètres d'altitude,

Elle provoque de graves brûlures car le poison qui se dépose sur la peau par contact réagit à l'exposition au soleil. "Elle se trouve sur les bords des chemins et des cours d'eau, sur les talus. Elle laisse le sol nu et sans protection sur les berges en hiver."

Que faire?

Tout un chacun est bien sûr invité à collaborer à la reconnaissance puis à la destruction de ces plantes indésirables. Une fois les nuisibles identifiés, les spécialistes prendront toutes les mesures pour les éradiquer. "En cas de doute, les gens peuvent prendre une photo et nous l'envoyer avec les coordonnées de l'endroit suspect." Une photo à envoyer à l'adresse internet "michele.burgener@admin.vs.ch".

 

LES ALLERGIES PROVOQUEES PAR LES PLANTES SONT A PRENDRE AU SERIEUX

L'ambroisie. De 6 à 12% de la population est sensible à cette plante. "L'allergie à l'ambroisie est une allergie aux pollens d'ambroisie (ragweed aux USA). Les symptômes sont ceux d'une pollinose habituelle, à savoir une rhino-conjonctivite qui peut, selon la gravité de l'allergie, se compliquer d'asthme bronchique. Le traitement est celui d'une allergie pollinique, à savoir anti-histaminique per os, corticoïde topique nasal ou pulmonaire, collyre oculaire. Eventuellement immunothérapie (désensibilisation)" explique le Dr Joël Duc, spécialiste FMH en Allergologie et Immunologie clinique, à Sion.

Les symptômes les plus courants sont de même nature que le rhume des foins: nez qui pique, coule, éternuements; les yeux sont rouges, gonflés, larmoyants et ils grattent; une toux sèche, de la difficulté à respirer, parfois très grave chez les personnes sensibles, des atteintes cutanées (rougeurs, boutons, démangeaisons).

La berce du Caucase. "La berce du Caucase entraîne une phyto-photo-dermatose. Cette plante est riche en coumarones, qui sont des photosensibilisateurs puissants. Le contact de la plante avec la peau, par grand soleil, entraîne des lésions de type brûlure, souvent très inflammatoires et bulleuses, apparaissant quelques heures après le contact avec la plante. En Valais ce sont les travaux de débroussaillage par beau temps qui déclenche ce type de lésion. Traitement: corticoïdes topiques puissants, parfois (lésions étendues) corticoïde per os."

Que faire si on est touché? Eliminer la sève le plus rapidement possible en évitant de l'étendre. Pour enlever la sève, utiliser un papier absorbant sans frotter, puis laver la région atteinte au savon. Rincer abondamment la région à l'eau et se laver les mains; changer de vêtements et les laver pour éviter de contaminer d'autres parties du corps ou des objets; éviter d'exposer les zones atteintes de la peau à la lumière (y compris la lumière non naturelle) en les couvrant (gants, pantalons longs, manches longues) pendant au moins 48 heures. AG

Pour infos et images www.vs.ch/sfp http://www.ambrosia.ch/ et http://www.giant-alien.dk/

 

 

 

 

Par ANTOINE GESSLER



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