IMMOBILIERImpossible d'acheter un chalet à moins de deux millions de francs. La moyenne se situe plutôt entre cinq et dix. Un agent immobilier et un architecte nous en ont fait visiter deux.
Verbier, son domaine skiable, son festival de musique classique, ses chalets de luxe. Si on connaît bien les deux premiers, difficile de savoir ce qui se cache derrière les murs en vieux bois des résidences privées. L'architecte Grégoire Comina et l'agent immobilier Daniel Guinnard nous ont ouvert les portes de deux chalets qui ne font pas dans la démesure, mais qui représentent la moyenne de ce qui se fait aujourd'hui. On ne verra pas les propriétaires qui préfèrent rester discrets. Mais on peut donner un indice: pour posséder un chalet ici, même dans la moyenne, il faut certains moyens. «En dessous de deux millions, on n'a rien», assure Daniel Guinnard. «Le chalet que je vais vous faire visiter appartient à un client français, la soixantaine, établi à Hong-Kong, qui a fait fortune dans le bois et le textile.» Il a l'acheté pour 1,5 million il y a dix ans et y a investi 4,5 millions en rénovations. Avec une immense piscine en inox qui a dû être acheminée par hélicoptère et posée en un bloc dans le chalet.
Mais qu'est-ce qui fait que les coûts sont exorbitants? Le terrain est rare, donc cher. Entre 3000 et 5000 francs le mètre carré. La tendance est plutôt à la rénovation: on achète des objets qui ont 20 ou 30 ans, on les rase et on reconstruit. On va parfois plus loin: récemment, un propriétaire a acheté un chalet construit il y a à peine dix ans pour environ 10 millions, l'a démoli pour construire le sien, à son goût. «On va parfois dans la démesure, mais ce sont des cas exceptionnels. Si on parle de fourchette de prix, les chalets à plus de 20 millions se comptent sur les doigts d'une ou deux mains. Mais la grande majorité se situe entre 5 et 10 millions.» Le plus onéreux? On articule des 60 ou 70 millions... Des montants qui ont même rebuté de nombreux propriétaires britanniques, contraints de se replier sur Nendaz, faute de moyens suffisants. «Mais notre clientèle est toujours majoritairement anglo-saxonne», précise Daniel Guinnard. «Des Suisses? Pratiquement plus. Trop cher pour eux.»
Si le terrain est cher, les matériaux, le sur-mesure, font aussi grimper la facture. Le vieux bois est incontournable. Et il n'est pas donné. Une charpente en sapin vous coûtera 1100 à 1300 francs le mètre cube. Comptez 5000 à 5500 francs pour l'équivalent en vieux mélèze. «Pour les boiseries extérieures, on triple le prix de ce qu'on peut trouver en plaine», précise Grégoire Comina. Du granit à 350 francs le mètre carré dans la salle de bains, ce n'est pas le carrelage du brico du coin... Les extravagances, elles, sont plutôt rares. «Un client m'a demandé de lui poser un groupe électrogène à 200 000 francs pour être certain d'avoir du courant tout le temps. Il a aussi deux pompes à chaleur au cas où l'une des deux tomberait en panne...» Un client très fortuné puisqu'il a acquis des terrains pour 9,5 millions et que son chalet lui a coûté autant. Des ascenseurs à véhicules dans les parkings, des funiculaires intérieurs, des rampes chauffantes presque classiques, des salles de cinéma... ou peut-être cette piscine à fond amovible dont on peut bien se demander à quoi elle sert vraiment. Voilà pour quelques originalités. La généralisation de la domotique explique également la hausse des coûts. Allumer sa cheminée, augmenter la température de la piscine, depuis Londres ou Rome, ça peut paraître futile, mais c'est tendance. Le coût des goûts de luxe? Entre 1600 et 2600 francs le mètre cube construit. A Sion, on construit des villas pour 650 à 850 francs le mètre cube...
A Verbier, semble-t-il, la crise n'a pas trop d'effets. Grégoire Comina admet avoir une quarantaine de chantiers ouverts cette année. «Ça va de la rénovation d'une salle de bains à 30 000 francs à une construction complète à plusieurs millions.»
Pour l'architecte valaisan qui emploie une vingtaine de collaborateurs dans la station (il y réalise 40% de son activité), c'est la qualité de son équipe et la notoriété de son bureau qui le mettent, pour l'heure, à l'abri d'un ralentissement. «Pour les trois prochaines années, le carnet de commandes est plein. Je n'ai eu qu'un ou deux clients qui ont dû réduire la voilure de leur projet parce qu'ils faisaient face à des difficultés boursières.» Mais la pierre reste une valeur sûre.
Et nombre d'investisseurs se sont repliés sur l'immobilier. Un sentiment confirmé par Daniel Guinnard. En 2008, 420 millions de francs de transactions immobilières ont été enregistrés sur le territoire bagnard. «Les gens ont même beaucoup plus de moyens qu'il y a dix ans. A l'époque, un gros chalet, c'était 7-8 millions. Aujourd'hui, on est à 30 millions et plus.»
Vraiment une honte ces prix qui assure ce train de vie a ces gens nous le pauvre ouvrier et l-autre moitie du monde qui crevent de faim sans meme des toilettes a'100 balles suisse et d acces a des soins medicaux.
Verbier ou une certaine idée du luxe Génial tout ca ! Mais quand ont sais la misère dans le monde et les enfants Innocents qui souffrent de mal nutrition c’est à ce posé des questions de conscience. Jami
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