EnvironnementLa commune subventionne l’achat de vélos et de scooters électriques. En Valais, Sierre a joué les pionniers dès 2005. Une quarantaine de Municipalités suisses le font aussi.
La commune de Saxon consacre 5’000 francs, dans son budget 2009, pour l’aide à l’achat de vélos et scooters électriques. Elle s’est basée sur l’exemple de la ville de Sierre qui offre une subvention depuis la fin de l’année 2005. «Cette démarche est partie de la demande d’une citoyenne», rappelle Daniel Felley, le secrétaire communal, «elle voulait que la commune fasse quelque chose pour l’environnement. Nous voulons ainsi encourager les gens à privilégier une mobilité douce, moins polluante et plus économique.»
Le principe est simple: le Saxonin achète un vélo ou un scooter neuf et dépose sa demande de subvention à la commune. Le Conseil analyse le dossier et décide s’il répond aux critères. Il verse ensuite un montant correspondant aux 60% du prix du deux-roues, jusqu’à concurrence de 750 francs pour les vélos et de 1500 francs pour les scooters. Une aide plus généreuse que celle accordée par les communes suisses qui ont adhéré au programme national «New Ride» (lire encadré).
Pour l’heure l’administration communale est prudente et table sur 6 ou 7 vélos ou scooters par année. A ce jour, aucune demande ne lui est parvenue. «Mais c’est tout neuf et nous n’avons pas réellement communiqué sur le dossier, mis à part par le biais du site de la commune.» L’offre n’est pas rétroactive.
Du côté de Sierre, l’administration communale a enregistré 39 demandes à ce jour (dont une seule pour un scooter électrique) pour un montant total de subventions versées de près de 30000 francs.
Une belle initiative qui, selon Emile Burnier, le marchand de cycles local, devrait contribuer à développer un marché en pleine croissance.
L’an dernier, l’émission de consommation «A Bon Entendeur» avait consacré un reportage aux vélos électriques et son carnet de commandeS avait explosé. «J’aurais pu en vendre plus de 20», assure le commerçant, «mais je ne pouvais pas en livrer autant.» Et sa clientèle va de l’adolescent qui n’a pas encore l’âge du permis de scooter ou même du vélomoteur, jusqu’à une personne de 81 ans.
Les modèles actuellement sur le marché se vendent dans une fourchette de prix qui s’étend d’un peu moins de 1500 (le petit modèle pliable) à près de 6000 francs.
Les différences de prix s’expliquent notamment par la puissance du moteur qui peut vous entraîner de 25 à plus de 40 km/h; l’autonomie des batteries joue également un rôle important dans la facture finale, selon que l’on choisisse le modèle qui vous assure 30 ou 80 kilomètres de route. «J’ai une cliente qui fait Saxon-Sapinhaut, ça fait tout de même 5 kilomètres de côte. Elle peut monter et descendre sans problème plusieurs fois avant de recharger sa batterie.»
Le vélo électrique ne se limite donc pas aux seuls courts trajets en ville, en plaine. Il se révèle aussi efficace pour les plus longs parcours, en particulier dans la plaine du Rhône, où les vents de face freinent les cyclistes les plus avertis.
«La technologie a fait un grand bond ces dernières années», précise Emile Burnier, «les batteries sont moins polluantes, tiennent plus longtemps, donnent plus de puissance et sont plus légères. Et l’augmentation de la demande pousse les constructeurs à rechercher de nouveaux produits.»
S’il est sensiblement plus lourd qu’un vélo normal (20 kilos en moyenne), le vélo électrique fonctionne de la même manière: il faut pédaler. «Si l’on s’arrête de pédaler, le moteur s’arrête», explique Emile Burnier. Celui-ci se trouve généralement dans le moyeu de la roue avant. Son diamètre n’excède pas les 20 centimètres.
Les batteries, anciennement au plomb, sont désormais au Li-ion, moins lourdes, moins polluantes et plus endurantes. Certains modèles sont équipés d’un mini-turbo, qui permet d’obtenir une puissance supplémentaire momentanée. Il existe également un système d’aide au démarrage pour les personnes tractant une remorque avec leur vélo. Il faut compter environ cinq heures pour recharger la batterie. Des kits permettent aussi de transformer votre vélo en vélo électrique, mais ils sont particulièrement coûteux. Le total vélo + kit est souvent plus onéreux que l’achat direct d’un vélo électrique. Jusqu’à 25 km/h, l’engin est considéré comme un vélo, au-delà comme un cyclomoteur et il faut alors une plaque idoine. On estime à 10000 unités le potentiel du marché suisse pour 2009. OH
Si Sierre et Saxon ont choisi de lancer leur propre initiative, la Confédération, via l’Office fédéral de l’énergie, a créé en 2003 déjà le programme «New Ride». Avec la collaboration des communes, des concessionnaires et des importateurs, cette opération permet de promouvoir les deux-roues électriques par l’organisation d’événements, d’essais ou de soutien direct aux commerçants et importateurs. La plupart des communes qui ont adhéré versent une subvention. Celle-ci se monte par exemple à 300 francs par vélo à Vevey ou à Neuchâtel, ou encore à 500 francs à Meyrin (GE) et uniquement sur des engins agréés par le programme «New Ride».
Sur les 41 Municipalités inscrites à ce jour, aucune n’est valaisanne. Les plus proches de chez nous sont Aigle, Vevey et Montreux. La plupart des communes partenaires se trouvent sur l’arc lémanique et en Suisse alémanique. OH
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