TéMOIGNAGELe jeune Vaudois enseveli sous une avalanche durant dix-sept heures à Evolène s'est adressé hier aux médias. Afin que sa mésaventure serve d'exemple.
Quand on le voit, couché sur son lit d'hôpital, difficile d'imaginer que Cédric Genoud, 21 ans, a passé plus de dix-sept heures bloqué sous une avalanche. Seules quelques égratignures sur le visage et les habituels cathéters au bras évoquent la nuit de calvaire qu'il a vécue. Pour le reste, le jeune étudiant de l'EPFL arbore un visage presque souriant, il semble surtout intimidé par la forêt de micros tendus vers lui et le crépitement incessant des flashs. Soudain, Cédric commence à raconter sa mésaventure, d'une voix un peu faible mais calme et assurée: «J'avais décidé d'aller faire du hors-piste. Avec le recul, au vu des conditions et des alertes avalanches, je suis conscient que ce n'était pas la meilleure des idées».
«Arrivé au pas d'Arpilles, j'ai vu une superbe pente poudreuse sans trace. Sur la face nord, ça tenait bien, j'ai donc continué». Malheureusement pour lui, en quelques secondes, les choses tournent au cauchemar.
«J'ai fait une pause sur une petite place ensoleillée et soudain une coulée est partie. Rien de bien monstrueux, je pensais résister facilement mais j'ai commencé à dévaler la pente». Cédric se retrouve enseveli sous 50 cm à un mètre de neige. «Je sentais assez bien dans quelle position j'étais, mais il y avait un côté un peu irréel. Je n'arrivais pas à bouger les bras, ni les jambes. J'ai creusé une sorte de cheminée en donnant des coups avec mon casque. Impossible de faire mieux. J'étais dans une sorte de sarcophage de béton, bloqué jusqu'aux épaules».
Il est 15 heures le samedi. Personne n'est encore au courant de la disparition du jeune skieur. Le calvaire commence. Lorsque le jour se met à décliner, le Vaudois comprend qu'il risque de rester prisonnier de la neige durant un bon bout de temps. Il essaie de se dégager mais sans succès. Plus tard, une lueur d'espoir: les phares d'une dameuse l'éclairent. «J'ai crié de toutes mes forces mais sans résultat. A ce moment j'ai compris que plus personne ne viendrait me chercher jusqu'au lendemain». La nuit commence, Cédric sait qu'il ne doit pas dormir. Il mange de la neige pour s'hydrater et somnole durant de courts instants. «Je me suis mis à croire qu'un animal viendrait me dégager et me sauver, un renard ou une autre bête attirée par l'odeur. J'avais beaucoup d'espoir, j'y ai toujours cru. Même si je ne pouvais presque pas bouger, je faisais des petits mouvements pour me réchauffer». Cédric tient bon. Durant toute la nuit.
Au petit matin, les premiers rayons de soleil sortent Cédric de sa torpeur. Toujours bloqué, le skieur imprudent entend soudainement un hélicoptère. «J'ai crié très fort mais ils ne m'ont pas entendu. Lors du deuxième passage, les sauveteurs m'ont aperçu. Rapidement, ils m'ont dégagé de la neige; cela a été la plus belle minute de ma vie. J'étais conscient, je frissonnais mais j'étais tellement soulagé. J'ai remercié mes sauveteurs». Immédiatement, un médecin prend en charge le Vaudois qui est héliporté à l'hôpital de Sion.
Comment le jeune homme a-t-il réussi à tenir le coup durant toute la nuit? «C'est une lutte contre soi-même. J'ai pensé aux gens qui m'aiment, mon frère, ma maman. J'ai somnolé plusieurs fois mais sans jamais m'endormir. La douleur à une jambe m'a tenu éveillé. Pour passer le temps et me réchauffer j'ai creusé le trou avec ma tête. Je ne me suis pas vraiment rendu compte de l'heure durant la nuit. A vrai dire, j'ai même prié, pour la première fois de ma vie...»
Avec le recul, le jeune miraculé est-il conscient d'avoir pris des risques inconsidérés en sortant du domaine skiable? «Oui. C'est pour ça que j'ai accepté de témoigner devant les médias. J'ai pris des risques stupides, je me suis comporté comme un gamin de 15 ans. J'avais déjà fait pas mal de poudreuse avant, j'aurais pu en rester là au lieu de m'aventurer dans la pente. Le pire c'est que j'étais conscient du danger».
Habitué au ski hors piste, le Vaudois est pourtant parti sans son DVA: «C'est la première fois que je ne le prenais pas, encore une erreur de ma part...»
Et pour la suite, Cédric va-t-il à nouveau se lancer sur les pistes? «Je ne vais pas m'y remettre tout de suite et je ferai beaucoup plus attention. Je suis conscient d'être un miraculé, ça s'est joué sur la chance et la persévérance. Je vais devenir plus raisonnable et j'irai désormais skier avec une personne expérimentée». A la question de savoir ce que va retenir le skieur de cette mésaventure longue de dix-sept heures, Cédric répond en souriant: «J'en retiens surtout une longue nuit froide».
Je suis contente que Cédric soit vivant et cela peu importe la connerie qu'il ait faite.
Le ski est un beau sport sur les belles pistes de nos magnifiques stations.Toute personne qui bafoue les prescriptions de sécurité devraient être sévèrement amendée. Chaque année, c'est rebelote, car des "cons" font du hors-piste et se trouvent pris sous des avalanches.Ce sont des héros?... Les interventions sont rapides... Cela fait la "Une" des journaux et pour le skieur la fierté d'avoir été sauvé dans une avalanche...? C'est n'importe quoi.
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