AMINONAPatrimoine Suisse a également recouru contre le projet «Village Royal» d'Aminona Luxury Ressort and Village SA (ALRV). Il y a aujourd'hui trois recours. Stéphane Pont, président de Mollens, fait le point.
Dans leur communiqué du 9 décembre, Le WWF et la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP) déclaraient: «Ni le promoteur ni la commune n'ont donné des réponses satisfaisantes aux nombreuses questions que soulève le projet» («Le Nouvelliste» du 9 décembre). Nous avons demandé à Stéphane Pont, président de la commune de Mollens, ce qu'il en était. «Même si nous nous y attendions,je ressens une certaine déception, car la commune a développé des arguments précis et bien étayés dans l'autorisation de construire. Les associations écologistes semblent ne pas en tenir compte.» Stéphane Pont précise tout d'abord que «le projet global est conforme aux bases légales de l'aménagement du territoire et du règlement de construction communal approuvé par l'assemblée primaire et homologué par le Conseil d'Etat en 2002 déjà.»
«Un dossier complet a été déposé au canton pour démontrer que ce projet est entièrement hôtelier, donc créateur de lits chauds. Le canton a d'ailleurs décidé à la fin août de ne pas l'assujettir à la loi fédérale sur l'acquisition d'immeubles par des étrangers (LFAIE) et la Confédération a entériné cette décision.» L'augmentation du nombre de lits froids semble donc un argument qui ne tienne pas la route selon le président.
L'ampleur du projet (5 tours, 15 immeubles, une trentaine de chalets) ne semble pas effrayer Stéphane Pont. «Il faut considérer cela dans sa globalité. Le Village Royal d'ALRV deviendra une destination en soi. Un complexe de vacances comme on en connaît ailleurs, où l'on a tout sous la main. Plusieurs restaurants, plusieurs services, des animations et des installations sportives. C'est viable ailleurs, pourquoi pas chez nous? Il est plus judicieux d'avoir un seul grand projet que plusieurs petits incohérents sur un même territoire.»
Ces lits chauds sont primordiaux pour Mollens. Les remontées mécaniques pourraient remettre en question la remise à niveau des installations (la concession expire en 2012) si le projet ne se faisait pas.
Toute commune est responsable de l'alimentation en eau potable de la population. «Pour nous assurer qu'un tel projet ne posait pas de problème, nous avons commandité une étude. Celle-ci prouve que les sources disponibles -toutes situées ailleurs que dans la Tièche- sont suffisantes. Contrairement à ce qui est dit par les associations écologistes, nous ne prévoyons pas de toucher au vallon de la Tièche qui est aujourd'hui intégré auparc naturel de Finges selon décision du conseil communal.»
Les associations contestent aussi la gestion de la mobilité, mettant en cause la construction d'un parking de plus de 500 places. Stéphane Pont: «ALRV a déposé un avant-projet de gestion de la circulation, la commune leur a demandé de le compléter. A ce stade, un parking de captage est prévu à la sortie de Mollens. Un service de navette sera mis en place pour transporter les clients vers Aminona. Le parking public couvert existant des remontées mécaniques sera déplacé pour permettre d'accueillir la clientèle journalière du domaine skiable provenant de Crans-Montana, de la région sierroise, comme d'ailleurs ».
Durant tout l'entretien, Stéphane Pont a fait preuve d'enthousiasme. La commune ne serait-elle donc pas échaudée par toutes les procédures en cours? «Nous y croyons encore! Malgré la crise, malgré les rumeurs qui courent sur les investisseurs russes, ces derniers paient leurs prestataires et fournissent les garanties exigées par la commune de Mollens.» La commune a signé une convention avec ALRV et a négocié des garanties. La plus importante est une garantie bancaire de 5% de la valeur du projet (qui arrive aujourd'hui à 650 millions). Cette garantie doit être contractée auprès d'un établissement bancaire suisse et activée avant le début des travaux. Autre caution: la commune a exigé le paiement des autorisations de construire sans délai, dès notification. «Ceci est en cours, les premiers versements ont déjà été enregistrés sur le compte de la commune. Ils s'élèvent à plusieurs milliers de francs.»
Depuis deux ans, l'investisseur a déjà déboursé quelque 17 millions de francs pour les avances sur achat de terrain et diverses prestations (architectes, ingénieurs, avocats, etc.) Pour Stéphane Pont, vu l'importance des chiffres activés - 650 millions - ce projet n'est plus seulement celui de la commune de Mollens. «Il devient celui d'une région, voire de tout le canton. Même si on ne peut pas exiger que tous les travaux soient exécutés par des entreprises valaisannes, on se rend compte des retombées économiques qu'un tel projet engendre. »
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