TOURISMELa commune de Mollens est prête à donner son feu vert à la première partie du projet immobilier russe à Aminona. Quinze immeubles comprenant 900 lits sont concernés. Une garantie a toutefois été demandée aux investisseurs.
«L'autorisation de construire sera donnée pour fin août au plus tard», annonce Stéphane Pont, le président de la commune de Mollens, à propos du projet lancé par les investisseurs russes de Mirax à Aminona.
L'autorisation ne concerne toutefois qu'une partie du projet. Il s'agit de quinze immeubles présentant un total de 900 lits, sur les 2500 prévus pour l'ensemble du site. «C'est la plus grande partie du projet. Elle comprend l'immeuble principal qui servira aussi de réception.» Pour ce secteur, le plan de quartier a été approuvé en 2006 et une demande d'autorisation de construire a été déposée en novembre 2008. «Elle est conforme à la réglementation communale en vigueur. A la fin du mois, les services concernés de l'Etat donneront leur préavis. L'autorisation communale sera délivrée durant le mois d'août.»
L'autorisation ne concerne donc pas les cinq nouvelles tours, pour lesquelles le plan de quartier a été mis à l'enquête, ni les 32 chalets. Pour ces derniers, la demande d'autorisation a été déposée. La consultation des services de l'Etat est en cours et la synthèse devrait arriver dans le courant de l'automne. L'autorisation communale devrait tomber peu après.
Il est probable que des recours seront formulés contre la prochaine autorisation de construire. Ils seront tranchés par le Conseil d'Etat, avant que le dossier ne prenne une tournure juridique.
Jusqu'ici, quatre organisations sont intervenues dans les différents dossiers du projet Mirax.
Le WWF, Patrimoine suisse et la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage ont fait recours dans toutes les procédures. Helvetia Nostra de Franz Weber, par contre, n'a agi que contre la construction des tours.
Le Conseil communal de Mollens est assez confiant dans la volonté des investisseurs russes de poursuivre leur dossier. «Les investisseurs sont présents depuis septembre 2007. Malgré la crise, ils sont toujours là. Ils ont rencontré des difficultés et ne les ont jamais cachées au Conseil communal. En deux ans, ils ont dépensé dix-sept millions de francs en frais d'architectes, d'ingénieurs, de procédure et de gestions de leurs bureaux», déclare Stéphane Pont. «Tous les indicateurs, toutes les discussions que nous avons avec eux montrent qu'ils ont la volonté d'aller de l'avant. Ils sont même prêts à réaliser le projet par étape, ce qu'ils ne voulaient pas au départ.» Mais cela ne suffit pas. «Nous négocions actuellement des garanties complémentaires», lâche Stéphane Pont. « Il y a deux scénarios possibles. Dans le premier, l'autorisation de construire est donnée, mais il n'y a pas de construction. Ce serait un moindre mal, si ce n'est qu'Aminona ne connaîtrait pas de développement et que nous pourrons nous faire du souci pour le futur de la télécabine, dont la concession arrive à échéance en 2012. Le deuxième scénario est plus problématique. On aurait des travaux commencés, mais non terminés. Nous aurions alors des murs sur les bras, avec des travaux à poursuivre ou des constructions à raser. C'est pour éviter cela que nous voulons avoir des garanties avant de donner l'autorisation de construire.»
Les investisseurs russes semblent souhaiter vivement le développement du secteur d'Aminona.
Ils ont même proposé aux remontées mécaniques de Crans-Montana-Aminona (CMA) une convention dans laquelle ils proposent d'avancer des liquidités pour financer la nouvelle télécabine. Un dossier essentiel aux yeux des Russes, mais aussi des responsables politiques de Mollens.
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