BEXLa loge Progrès et Vérité ouvre ses portes au public demain soir. Pour jouer la transparence et tordre le cou à quelques idées reçues.
«La franc-maçonnerie n'a pas un but social, mais humaniste», explique Maurice Badoux, bibliothécaire montheysan de la Loge Progrès et Vérité à Bex. «Elle veut promouvoir l'homme, avec comme corollaire que celui-ci doit prendre conscience de sa propre nature et de ses responsabilités.»
Demain soir, la loge bellerine se découvrira au public via une conférence sur le thème «La franc-maçonnerie, société initiatique».
«Beaucoup de clichés circulent. Nous n'avons cependant rien d'une secte. Nos membres ne renient pas leurs croyances. On trouve des francs-maçons catholiques, protestants, musulmans, juifs.»
De fait, la recherche de la transcendance est partie intégrante du cheminement. «C'est même l'un de nos buts. Aller vers elle en regardant en nous et en tentant de répondre aux questions essentielles sur le sens de la vie.» L'autre objectif est à caractère moral: «Faire comprendre aux personnes qui nous rejoignent que l'action morale doit passer de l'obligation à l'évidence. Elle doit devenir naturelle, logique et non pas dictée par un dogme extérieur.»
Dans ses rites, la franc-maçonnerie fait toujours référence au Grand Architecte de l'Univers. «C'est une manière de dire qu'une entité ou une force préside d'une certaine façon à notre destinée. L'appeler Dieu? Pourquoi pas. A partir du moment où il y a une création, il y a un créateur.» Pour les maçons, l'homme est un temple en devenir. «Une référence à Hiram, qui a conçu le temple de Salomon.» C'est aussi dans ce sens qu'il faut comprendre les outils servant aux rituels: équerre, compas, niveau, fil à plomb. Mais aussi maillet et ciseau qui servent à tailler la pierre brute. «Le franc-maçon doit accomplir un travail sur lui-même. Passer de la pierre brute à la pierre cubique. On y retrouve des liens avec le christianisme: le Christ, en donnant à Simon le nom de Pierre, a reconnu le fait que son disciple a réussi cette transformation.»
Si les origines symboliques de la maçonnerie peuvent se retrouver aussi bien chez Hiram que chez les bâtisseurs de cathédrales, c'est la date de 1717, création de la Grande Loge d'Angleterre à Londres, qui est retenue comme naissance officielle. «Les trois grades d'apprenti, de compagon et de maître reprennent ceux des compagnons. Mais je ne suis pas sûr qu'il y ait une relation directe. Plus qu'aux ouvriers, la maçonnerie doit à la Noblesse.» Et de fait, au XVIIIe, à travers les loges, celle-ci a pu entrer en contact avec la nouvelle classe montante, celle des bourgeois. Alors que ces derniers pouvaient porter l'épée de cérémonie, les nobles se mêlaient aux nouveaux producteurs du capital. «Il y a effectivement un peu de ça», confirme Maurice Badoux. «Faire partie d'une loge permettait de côtoyer la jet-set de l'époque, qui n'a strictement rien à voir avec l'actuelle. A Vienne par exemple, les bourgeois pouvaient y croiser Mozart ou Haydn. En France, Voltaire y est aussi venu à la fin de sa vie. Cet aspect est encore présent aujourd'hui. Certains demandent à nous rejoindre pour se faire un réseau de relations. Mais s'il n'y a pas derrière cette action un fondement spirituel et moral, cela ne durera pas. Ce côté mondain est effectivement celui qui nous dessert.»
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