GRANGETTESEn subventionnant la création d'une étendue d'eau de 14'000 m2 en connexion avec le Léman, confédération, canton, communes, Pro Natura et la fondation de la réserve naturelle vont «doper» la nature.
A l'entrée de la réserve des Grangettes à Villeneuve, sur un remblai, un vaste étang en connexion avec le Léman a été créé. «Cette lagune a été voulue afin d'obtenir plus de roselières inondées et augmenter ainsi la diversité ornithologique et le nombre d'oiseaux qui nichent dans le secteur», indique Olivier Epars, conservateur de la réserve naturelle.
Et le succès est au rendez-vous. Oiseaux et poissons n'ont même pas attendu la fin des travaux pour y élire domicile (voir encadré).
«Le trou a été réalisé cet hiver. Nous devons encore placer un poste d'observation pour le public», précise Olivier Epars. En fait, il s'agit de la restauration d'une lagune qui existait par le passé. «Plusieurs documents attestent qu'il y a environ 150 ans existait à cet endroit (À gauche du terre-plein d'observation des Saviez) une lagune ayant succédé à un banc de sable. Elle est devenue, par la suite, la pseudo-roselière telle que nous la connaissions jusqu'en avril 2008. La rive a ainsi subi un processus naturel d'engraissement par les alluvions du Rhône», note le conservateur.
A l'époque, ce milieu était fort pauvre. En effet, cette roselière n'abritait pas d'oiseaux nicheurs car, avec les basses eaux lacustres du printemps, elle manquait d'eau. Puisqu'il n'était pas possible de faire monter le niveau du lac, il a été décidé d'abaisser le niveau du sol!
Une surface de 10 000 m2 devient une roselière inondée favorable aux rousserolles, locustelles, râlidés, grèbes huppés, grèbes castagneux et blongios nain. Creusée plus profondément, une surface de 4000 m2 devrait rester en eau libre et permettra une bonne observation des allées et venues de cette faune.
«La dune littorale, enserrée par deux canaux, est devenue une île. Elle sera certainement favorable aux anatidés, au castor, voire au martin-pêcheur pour qui trois minibuttes ont été aménagées», précise la Fondation des Grangettes. Une végétation de bord de lac naturel, aujourd'hui disparue, devrait s'installer, avec des joncs des tonneliers, des nénuphars jaunes et autres potamots.
En outre, un banc de sable à fleur d'eau de 2000 m2 a été aménagé devant la roselière lacustre pour que les limicoles en migration automnale trouvent un lieu de repos et de nourrissage manquant cruellement à cette époque aux Grangettes.
Avec cette réalisation ambitieuse, la réserve des Grangettes devient un patrimoine naturel dont la protection n'en devient que plus importante encore que par le passé.
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