LUTTE OUVRIèRELes Syndicats chrétiens ont planté les clous de l'insatisfaction hier à Sion, avant de se rendre à Berne aujourd'hui.
Les syndicats chrétiens ont levé une matze symbolique hier après-midi à Sion et ont invité les passants à y planter des clous symbolisant leur désaccord avec la politique sociale menée dans ce pays.
«Depuis quelque temps, on assiste à une schizophrénie politique dans ce pays», lance Bertrand Zufferey, le secrétaire général des syndicats chrétiens interprofessionnel du Valais. «Dès qu'il y a un problème financier dans une institution sociale, on a toujours le même discours, celui de la diminution des prestations, alors que l'économie est soutenue. Par exemple, les plans de relance ont été concoctés pour aider la place économique, par contre, rien n'a été entrepris pour la prolongation des indemnités de chômage. En ce qui concerne l'imposition des familles, les baisses fiscales ont été reportées à 2011 au lieu de prendre effet en 2010 comme prévu initialement, par manque de moyens paraît-il, alors que les milliards pour le sauvetage de l'UBS ont été trouvés immédiatement. Dans la situation économique actuelle, c'est là de la pure provocation.»
C'est pour dénoncer ces situations que les syndicats chrétiens ont levé la matze hier à Sion. Une matze de deux mètres de haut qui est transportée aujourd'hui sur la place Fédérale dans le cadre de la grande manifestation syndicale nationale. «Le Valais devrait y envoyer entre 800 et 1000 personnes, à travers plusieurs organisations», précise Bertrand Zufferey.
Pour les syndicalistes, cette action nationale, qui devrait attirer 20 000 personnes aujourd'hui, vise à donner un signal clair aux autorités politiques pour qu'elles n'aillent pas dans le sens d'un démantèlement social. La période est cruciale pour le monde du travail, puisque les lois régissant les principales assurances sociales vont être révisées prochainement.
Bertrand Zufferey prend l'exemple de l'assurance invalidité. «La sixième révision de l'AI, en chantier actuellement, a pour but de réduire de 5% les rentes. Pour y parvenir, il est proposé de ne plus reconnaître les incapacités psychologiques, comme le burn-out ou la fibromyalgie. Ce serait une catastrophe pour de nombreuses personnes déjà fragilisées.»
Les syndicats chrétiens ne se contentent pas de dénoncer ce qu'ils considèrent comme des atteintes aux prestations sociales. Ils fourmillent d'idées concrètes pour soutenir l'économie et les ont déposées auprès de l'Etat du Valais dans le cadre de la préparation de Sommet de l'emploi prévu le 20 octobre prochain. «Il faut éviter de laisser une partie de la population se paupériser. Pour cela, il faut prendre des mesures concrètes», déclare le secrétaire général des syndicats chrétiens.
Si le taux de chômage reste relativement bas en Valais, ce phénomène touche tout de même de nombreux jeunes. Pour éviter qu'ils ne se trouvent sur la touche, les syndicats chrétiens valaisans proposent d'instaurer des contrats d'apprentissage prolongés, par lesquels les entreprises s'engageraient à conserver chez elle les jeunes ayant obtenu leur CFC, pendant une période de six mois ou d'une année. «Pour favoriser cette solution, nous sommes prêts à discuter des conditions salariales pendant cette période qui serait considérée comme une postformation.»
Pour lutter contre les conséquences du même phénomène, Bertrand Zufferey poursuit: «Aujourd'hui, de nombreux jeunes se retrouvent sans emploi après la fin de leur formation. Ils se retrouvent à la charge de leurs parents. Pour ce genre de situation, je propose de prolonger la période temps pendant laquelle leurs parents peuvent toucher des allocations familiales.»
«Je suis favorable à apporter un soutien concret aux entreprises qui assument leurs responsabilités sociales en ne licenciant pas et en ne faisant pas appel au travail temporaire. On pourrait leur offrir les cotisations chômage», conclut Bertrand Zufferey.
Grâce à des "non-schizos", les Suisses vivent depuis les années 60 la spirale des salaires et des prix. Alors qu'en France, par ex., un pro qualifié gagne 2500 E/mois (3750 Frs) et arrive à vivre avec ça, ici on nous seringue qu'à moins de 8000 Frs/mois, le travailleur valaisan ne s'en sort pas. Pourrait-on nous dire où est l'erreur ?
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