RENTRÉE SCOLAIRELes classes «spéciales» disparaissent peu à peu. Beaucoup d'élèves difficiles ou souffrant d'un handicap mental suivent désormais l'école avec les autres. A Sion, les enseignants s'inquiètent!
Les responsables de l'école valaisanne se targuent volontiers d'être des pionniers en matière d'intégration. De nombreuses classes spéciales ont disparu au fil des ans, cédant la place à des intégrations. Ailleurs, des vestiges de l'enseignement spécialisé d'autrefois demeurent, au gré des résistances. Quant aux enseignants généralistes, peu formés à l'accueil des enfants différents et soucieux de la réussite scolaire du reste de l'effectif de leur classe, ils accueillent avec un enthousiasme très variable ces élèves.
Chef de l'Office de l'enseignement spécialisé, Michel Délitroz répond aux questions que parents et enseignants sont nombreux à se poser.
On a l'impression que les structures de l'enseignement spécialisé varient considérablement d'une région à l'autre. Y a-t-il un concept cantonal?
Des lignes directrices sont données, un cadre légal cantonal existe. Mais bien que chaque situation soit analysée de manière individuelle, certaines régions ont mené une réflexion plus institutionnelle et plus poussée sur l'intégration.
Pourquoi trouve-t-on à Sion des classes d'adaptation centralisées alors qu'elle n'existent pas ailleurs...
C'est une question d'organisation régionale. Le bassin sédunois est le plus important. On doit aussi tenir compte du contexte, des effectifs... Et en fonction des régions, la tolérance au handicap est plus ou moins grande.
Peut-on intégrer tous les élèves, quels que soient leurs problèmes?
On pourrait intégrer tous les élèves. Mais il faut savoir si c'est utile. Certains enfants ont des besoins particuliers et on doit y apporter des réponses adaptées. Il faut surtout se demander pourquoi un enfant ne pourrait pas être scolarisé dans des classes ordinaires. On sait qu'en Valais, l'intégration est possible. Mais il existe des cas où la scolarisation en institution et la meilleure des solutions pour l'enfant.
Comment réagissent les autorités lorsqu'un enseignant généraliste, non formé pour accueillir des élèves souffrant de handicap, est réticent à une intégration?
Le fait de se poser des questions, d'avoir des réticences face à un enfant différent, est plutôt un signe de professionnalisme. C'est un souci légitime que l'on peut dépasser par l'explication, par la clarification des interrogations. C'est notre rôle de rassurer l'enseignant sur ses compétences et de lui fournir l'accompagnement d'un spécialiste.
Tient-on aussi compte des perturbations qu'engendre l'intégration d'un élève difficile pour les autres enfants?
Notre office accorde une importance capitale au fait que les autres enfants ne soient pas freinés dans leur apprentissage, qu'ils puissent accomplir le programme de l'année scolaire. Mais les recherches montrent qu'une intégration constitue plutôt un apport qu'un frein pour la classe ordinaire.
Est-ce toujours valable alors qu'on note un accroissement considérable du nombre d'élèves à problèmes dans les classes?
Le Valais n'est pas différent des autres cantons. On sent bien que certains enseignants montrent des signes d'essoufflement du fait des situations toujours plus complexes à affronter: suivi familial insuffisant, difficultés d'apprentissage. Mais il ne faut pas peindre le diable sur la muraille.
Dans les situations complexes, on tente de diminuer la charge pour les enseignants en agissant sur les effectifs. Et dans les cas les plus lourds, un accompagnement par des enseignants, spécialisés ou non, est possible.
La nouvelle loi sur le CO prévoit la suppression des classes d'observation. Ne prend-on pas le risque de déstabiliser des groupes à l'équilibre déjà fragile, comme c'est le cas en niveau 2 particulièrement?
On est en phase de consultation. La nouvelle loi prévoit des cycles à niveaux pour tout le canton. Il est donc cohérent de prévoir des classes à niveaux pour les élèves en difficulté.
Partout où c'est possible, on souhaite introduire des cours adaptés à leurs problèmes. Il n'y a pas de diminution prévue des moyens. Au contraire, le projet introduit une plus grande officialisation des mesures d'appui pour les élèves de niveau 2 surtout. Les études sont institutionnalisées. On maintient aussi les classes de pré-apprentissage et les classes d'adaptation pour les élèves en situation de handicap.
Un enseignant généraliste à plein temps avec une classe complète comprenant un élève handicapé bénéficie de l'aide d'un enseignant spécialisé quelques heures par semaine. Ne devrait-on pas faire le contraire, confier le plein temps à l'enseignant formé au handicap et les heures d'aide au généraliste?
L'enfant intégré n'a pas besoin d'avoir une stimulation à 100% de la part de l'enseignant spécialisé. Ce n'est d'ailleurs pas non plus le cas dans une classe spécialisée. Cet enfant fait partie de la classe ordinaire et doit en profiter. Les enfants intégrés ont aussi des capacités d'autonomie, d'interactions.
Toute une équipe pédago-thérapeutique (logopédiste, psychomotricien, psychologue) est également activée. Les enseignants sont suivis par un coordinateur pour répondre à leurs questions, trouver des solutions d'aide. Cela dit, l'intégration a aussi ses limites financières.
Il y a pénurie d'enseignants spécialisés. On confie de plus en plus de cours relevant de l'enseignement spécialisé à des gens non formés. Est-ce crédible?
C'est un réel problème. On en forme à la HEP en collaboration avec le canton de Vaud. Une deuxième volée sera formée dès 2009. Pour l'instant, une grande majorité des heures sont confiées à des gens diplômés. Les généralistes sont admis pour une année et les postes qu'ils occupent devront être remis au concours.
Cette mesure est réservée aux élèves ayant des difficultés à évoluer dans l’école ordinaire. Il ne s’agit pas d’un rattrapage scolaire en cas de difficulté légère dans une branche. L’appui concerne autant des élèves à haut potentiel que ceux ayant des problèmes scolaires globaux ou une difficulté liée à l’attitude ou à la motivation.
Le soutien pédagogique est réservé aux élèves non francophones et dure en général deux ans à raison de plusieurs heures hebdomadaires. L’élève apprend la langue et découvre le fonctionnement de notre système scolaire. Si nécessaire, il peut encore bénéficier de l’appui durant les années suivantes.
Le nombre des premières a régulièrement diminué au profit de l’appui. On les trouve surtout dans les villes ou les cycles d’orientation plus importants ayant une masse critique d’élèves suffisante. Les classes d’observation regroupent 8 à 10 élèves en primaire et 10 à 12 au CO. Les classes à effectif réduit accueillent un quart à un tiers d’élèves en difficulté.
Elles s’adressent aux élèves en situation de handicap. Aujourd’hui en Valais, plus de 200 enfants de ce type sont scolarisés dans des classes ordinaires avec l’accompagnement à temps partiel d’un enseignant spécialisé. Des classes d’adaptation régionales peuvent regrouper ces élèves dans les villes du Valais romand.
Six institutions scolaires spécialisées, avec possibilité de fréquenter un internat, existent en Valais. Pour le Valais romand, ce sont la Castalie à Monthey, Don Bosco et Sainte-Agnès à Sion et Notre-Dame-de-Lourdes à Sierre. Un placement intervient après analyse des besoins de l’enfant, de la famille et du contexte scolaire. La décision parentale est déterminante.
Des personnes ressources, notamment pour la scolarisation des enfants à haut potentiel. Du soutien en milieu hospitalier ou à domicile pour les enfants malades.
– L’éducation précoce (0 à 6 ans) pour les jeunes ayant des difficultés de développement. – Les mesures pédago-thérapeutiques: logopédie, psychomotricité, soutien psychologique… – Les classes relais (voir ci-contre). PV
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