MONTANA-CRANSRacheté en avril 2007, le cinq étoiles sera en chantier jusqu'en décembre 2009 et n'ouvrira pas cet hiver. A cause de mauvaises surprises et d'un projet encore plus ambitieux. Avec notamment trois restaurants haut de gamme.
Fermé depuis trois ans et demi, l'Hôtel Crans-Ambassador n'est pas près d'accueillir à nouveau de la clientèle. Racheté en avril 2007 pour 17 millions, ce cinq étoiles comportant une septantaine de chambres et suites devait ouvrir l'été dernier, puis le mois prochain.
Finalement, l'inauguration n'aura pas lieu avant décembre 2009, a indiqué cette semaine le nouveau propriétaire, Normaah Ambassador SA à Montana. Ce dernier réfute aussi toute revente de l'immeuble.
L'an dernier lors du rachat, Normaah annonçait que le Crans-Ambassador devait ouvrir pour l'été 2008, avant de reporter l'événement à la fin 2008. Aujourd'hui, le chantier est toujours en cours et, sur le Haut-Plateau, ce retard fait enfler les rumeurs les plus alarmistes. Cela va du manque de liquidités des propriétaires de l'hôtel suite à la crise boursière, jusqu'à la revente potentielle de l'hôtel par ces mêmes personnes. De quoi inquiéter d'autres propriétaires, ceux dela trentaine d'appartements construits avec l'hôtel.
Sur place, si le chantier semble bien calme à l'extérieur - hiver oblige - à l'intérieur plusieurs dizaines de personnes s'activent. En visitant les lieux avec Jean-Mehdi Azuelos, administrateur de Normaah Ambassador, on découvre un bâtiment en complète refonte. Plafonds éventrés, murs nus, chapes apparentes. «Le Crans-Ambassador n'est pas à vendre. Nous avons un an et demi de retard pour deux raisons», indique l'administrateur. «Le projet a évolué considérablement, il est devenu encore plus ambitieux. Nous avons décidé de refaire l'édifice de fond en comble. Il a été entièrement vidé à l'intérieur et reconstruit pour en faire le plus étonnant, le plus innovant et le plus commenté des hôtels.» Derrière ce beau discours, on trouve des éléments qui semblent accréditer cette ambition. Primo, l'enveloppe financière: le budget a doublé, passant à vingt millions de francs. Avec le coût de l'acquisition, Normaah va donc dépenser 37 millions à Crans-Montana. Cela a déjà permis d'agrandir l'hôtel sur sa partie avant-gauche.
En outre, d'un restaurant actuellement, on passera à trois établissements. «Nous avons signé un contrat avec Yannick Alleno, l'un des dix meilleurs chefs au monde, élu chef de l'année 2008 en France et en charge des cuisines de l'Hôtel Meurice à Paris, au bénéfice de trois macarons Michelin. Ce véritable artiste vient de créer un groupe à son nom. C'est lui qui mettra en place l'équipe du Crans-Ambassador. Il est partie prenante dans la conception des restaurants qui s'annoncent étonnants.»
Autre élément en faveur de l'aspect novateur des lieux, une décoration virtuelle, faisant appel à des écrans occupant des parois entières et diffusant des images d'ambiance. «Nous voulons devenir le point d'animation centrale de la station», lâche Jean-Mehdi Azuelos.
Seconde raison de ce retard, de mauvaises surprises techniques. «Du gros oeuvre, mais aussi l'électricité, les canalisations, l'étanchéité: nous nous sommes aperçus qu'il fallait tout refaire. Qui plus est, des escarmouches administratives avec certains copropriétaires nous ont fait perdre du temps, notamment six mois suite à une opposition», indique l'administrateur qui confirme que l'hôtel devrait passer des septante chambres et suites actuelles à environ quatre-vingts, grâce au rachat et à la location d'appartements faisant partie de la PPE attenante.
Des négociations sont en cours, tendant à prouver que pour l'instant Normaah Ambassador a les moyens de ses ambitions.
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