NATURE SAUVAGEEmoi dans une classe de Verbier cette semaine. Une vipère se promène dans la salle! Un herpétologue, Yves Brunelli, est appelé à la rescousse. Il nous dit tout ce qu'il faut savoir sur ces serpents.
Lundi, Yves Brunelli était dans une école de Verbier pour y déloger une vipère. Il y a quelque temps, il est intervenu pour mettre un terme aux pérégrinations d'un python de trois mètres abandonné par son éleveur et qui s'est retrouvé dans une buanderie sédunoise.
Selon les années, cet herpétologue averti est appelé entre dix et quarante fois par la police pour soulager de braves citoyens de la présence de serpents. Une bonne partie de ces interventions concernent les vipères. «La vipère est un serpent venimeux dont les morsures peuvent être graves, surtout en cas d'allergies», déclare-t-il.
Yves Brunelli, le venin, il connaît. «L'an passé, j'ai été mordu trois fois en l'espace d'un mois et demi. La troisième fois, j'ai bien cru que j'allais y rester. J'ai vomi pendant des heures. C'est sans doute à cause de l'accumulation du venin. Depuis, j'utilise des gants de soudeur lorsque je manipule les vipères.»
Mais s'il s'est fait mordre, ce n'est pas parce qu'il a été attaqué. «Les vipères sont pacifiques. Elles mordent si, par exemple, on pose la main sur elles par inadvertance. Mais aussi lorsque des gens essaient de les tuer.» Il faut dire que ces serpents ont mauvaise réputation. «Pour les personnes âgées surtout, une vipère, ça ne sert à rien. Au contraire, c'est nuisible et dangereux. Pour eux, c'est donc un animal à tuer.» Bien que cela soit, à l'instar de tous les reptiles, un animal protégé.
En Valais, la plus grosse population de vipères se trouvent entre 1400 et 1800 mètres d'altitude. «C'est là que se situent les biotopes les mieux adaptés à elles, avec des murets et des pierriers. Par contre, en plaine, elle est plus rare. On en trouve cependant dans de nombreux endroits de la plaine du Rhône.» La vipère s'adapte à son environnement. Très discrète, elle vit souvent à quelques mètres des habitations, mais aussi sur des chalets d'alpage ou même sur les socles en béton des pylônes des remontées mécaniques.
Au printemps, elles deviennent plus visibles. «Les mâles sortent en premier d'hibernation, deux ou trois semaines avant les femelles. Ils se mettent alors à chercher une partenaire et, pour cela, ils se déplacent sur plusieurs dizaines de mètres, alors que le reste de l'année, ils sont plutôt statiques. C'est pour cette raison qu'au printemps, on les retrouve dans des lieux inhabituels.» Comme des caves, par exemple.
Par contre, cet animal devient plus rare en plein été. «La vipère, qui est un animal à sang froid, a besoin de chaleur, sans quoi elle est engourdie. Par contre, elle n'aime pas les fortes chaleurs. En juillet et août, lorsqu'elle a emmagasiné son quota de chaleur, elle n'a plus de raison de s'exposer. Il est donc rare de les voir, mis à part tôt le matin ou en fin de journée.» Dans les périodes caniculaires, les mâles, surtout, prennent parfois de l'altitude. «J'en ai vu à 2800 mètres, à la recherche de nourriture.»
Pour éviter les morsures, Yves Brunelli donne ses conseils. «Il faut éviter de s'asseoir au milieu d'un pierrier. Si on s'y aventure quand même, il faut faire du bruit, ce qui fera fuir les serpents.»
Si on en voit une, inutile de paniquer. «Elle ne saute pas sur les gens. Elle ne se met pas en boule pour attaquer. Elle ne «court» pas non plus après les gens, contrairement à ce que dit la croyance populaire. Au contraire, elle se cache et fuit.» En cas de morsure, les premiers symptômes apparaissent après une heure, voire une heure et demie. Le temps de prendre contact avec un médecin. «Sans paniquer», conseille encore Yves Brunelli...
Un conseil certainement difficile à suivre...
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