ALPESDes ornithologues valaisans mettent en garde contre des projets d'éoliennes envisagés sur les cols alpins ou près de nids en altitude. Pas de souci par contre en plaine.
L'implantation de quelque 140 éoliennes actuellement discutée en Valais fait réagir l'Antenne valaisanne de la Station ornithologique suisse. Elle craint que ces installations ne fassent de gros dégâts parmi les oiseaux, notamment le gypaète.
Elle soutient néanmoins le développement des énergies renouvelables dans notre canton, «à condition qu'il se fasse en harmonie avec les besoins d'une avifaune dont l'espace vital devient de plus en plus exigu».
L'Antenne rappelle que ces nouvelles infrastructures représentent un danger potentiel pour la faune ailée. Pour les biologistes Emmanuel Revaz et Bertrand Posse, cette problématique est à prendre extrêmement au sérieux si l'on entend ne pas rajouter dans le paysage une importante source de mortalité pour les oiseaux sauvages.
Ce ne sont pas les éoliennes de plaine que montrent du doigt les deux spécialistes de l'Antenne. Celles déjà construites sur les communes de Collonges et de Martigny s'insèrent dans un paysage déjà extrêmement modifié par l'homme. «Elles ne représentent de ce fait probablement qu'une source secondaire de danger, bien que des études approfondies appliquées au contexte de la vallée du Rhône fassent encore défaut.»
Pour l'Antenne, la réalité semble toute autre pour les nombreux projets qui fleurissent sur les cols alpins ou dans leurs environs directs: Grand-Saint-Bernard, Sanetsch, Grimsel, Furka, Nufenen. «Ces régions encore peu touchées par les activités humaines représentent toutes des sites très sensibles du point de vue de la protection de l'avifaune.»
Les spécialistes soulignent deux dangers. «Premièrement, les grands cols alpins agissent comme des entonnoirs pour la migration des oiseaux qui franchissent les Alpes, au printemps comme à l'automne. Les parcs éoliens qui seraient installés en travers de ces goulets où le flux migratoire est naturellement concentré depuis des millénaires représentent potentiellement de véritables pièges pour les oiseaux de toutes tailles, surtout pour les rapaces et autres grands voiliers», note Emmanuel Revaz.
Deuxièmement, les grands oiseaux indigènes emblématiques des Alpes risquent de voir leur taux de mortalité grimper, selon l'Antenne. Et de citer l'aigle royal et le gypaète barbu, «ce dernier étant en pleine phase de recolonisation de ces anciens bastions, là justement où fleurissent aujourd'hui les projets d'éoliennes». Exemple cité par Bertrand Posse: le col du Sanetsch ou quinze à vingt éoliennes sont envisagées. «Il n'est distant que de huit kilomètres du site de nidification de Derborence... à quelques coups d'ailes pour un rapace tel que le gypaète.» A la commune de Savièse, partenaire du projet, on indique que la problématique des volatiles n'a pas encore été étudiée. «Il est un peu tôt pour se prononcer là-dessus. Nous en sommes à la phase initiale, notamment la mesure des vents, pour savoir si le projet est viable», indique l'administration communale.
Les ornithologues rappellent aussi que dans la perspective de la pénurie d'électricité annoncée, l'optimisation et la réduction de certains modes d'éclairage aussi coûteux que superflus seraient tout bénéfice pour les oiseaux sauvages, notamment pour les migrateurs. Ces derniers sont souvent désorientés voire piégés par les lumières des agglomérations lorsque le temps est maussade ou couvert.
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