FEUILLETONUn spectacle musical librement inspiré des textes de l'écrivaine valaisanne se prépare au Théâtre du Crochetan. Genèse et premiers échos.
«Lorsque j'ai terminé mon apprentissage de libraire, j'ai rendu un travail sur Corinna. Ses nouvelles m'avaient déjà inspiré deux chansons. J'ai eu le projet de monter quelque chose à partir de son oeuvre. Mais cela ne s'est pas fait...» Il fallait que Pascal Rinaldi attende quelques années, et 2009. Parce qu'en 2009, Corinna Bille sera partie depuis trente ans rejoindre les anges qui lui ont soufflé des histoires. Parce qu'en 2009, le Théâtre du Crochetan fêtera son vingtième anniversaire. Sur le fil de cette heureuse concordance, un spectacle musical est en train de voir le jour à Monthey. Soutenu par TheatrePro-VS, «Le Salon ovale» joue la carte du casting valaisan en prévision d'une tournée romande.
«Ce qui m'a interpellé chez elle, c'est le côté très sensuel, voire érotique, de ses textes», explique Pascal Rinaldi. Parti de «Cent petites histoires cruelles», «Cent petites histoires d'amour», et du «Salon ovale», l'artiste valaisan a laissé filer sa plume et créé seize chansons. «Certaines sont des illustrations des écrits de Corinna, avec mes mots et ses images. D'autres sont parties d'elle, pour aller vers ailleurs....» Plus loin encore, les copines et les compères, interprètes et musiciens, ont mis une mélodie et une voix sur les textes. «Puis, à partir de nos styles très différents, Xavier Moillen a donné une cohérence à l'ensemble», explique Denis Alber, directeur du Théâtre du Crochetan mais aussi protagoniste du spectacle.
«C'est pas de la chansonnette», précise d'emblée le musicien des Glen of Guinness et de «Charlotte Parfois». «J'ai tenté de faire transparaître le côté terroir des écrits de Corinna Bille, comme son aspect surréaliste, avec des textures musicales qui laissent dans l'expectative.» Comme l'écrivaine qui aimait à jouer avec le réel et le rêve, la Compagnie de l'Ovale souhaite faire découvrir ce monde «à la frontière» à son public. Le spectacle, une première en son genre, a déjà reçu l'assentiment de Maurice Chappaz. La semaine prochaine, ce sera au tour du metteur en scène François Marin de diriger musiciens et interprètes. «Alors nous ne serons plus ni des chanteurs ni des personnages, réfléchit Pascal Rinaldi, plutôt des émanations de l'univers de Corinna Bille.»
Retour à l'index